| |
Predators
Sortie
le 14/07/2010
De Nimrod Antal avec Adrien Brody, Topher Grace, Danny Trejo, Alice Braga, Walton Goggins et Laurence Fishburne
Un mercenaire dirige à contrecœur un groupe de guerriers d'élite (mélange de Yakuza et de tueurs) sur une planète étrangère et hostile...Toujours plus impitoyables et monstrueux les uns que les autres, des aliens sèment la pagaille chez ce commando. Une seule règle pour eux : survivre.
Faut bien plaire aux toutes nouvelles générations de cinéphiles qui voudraient découvrir le cinéma d’antan sans se coltiner une « vieillerie » datant de 1987, alors quoi de mieux que de nous faire un petit remake de Predators, saga de science-fiction devenue culte avec à l’époque Arnold Schwarzenegger dans le rôle principal ! Cette fois, c’est Adrien Brody (Le village, Le pianiste, King Kong, Splice) qui s’y colle, dans la peau d’un mercenaire aguerri, malgré le fait qu’il paraisse un peu fluet pour interpréter un tel rôle, celui d’un militaire surentraîné, avec une dégaine de dur-à-cuire pas vraiment crédible. Quoi qu’il en soit, même si on a du mal à l’imaginer tel quel, il prend l’air sérieux d’un fort-à-bras, le regard soucieux, l’acte juste, la parole décidée et la voix grave, pour combattre quelques aliens autant cruels que visqueux, bien décidés à jouer aux chasses du comte Zaroff avec lui et quelques autres comparses, des « soldats » débarqués, pardon, tombés eux-aussi d’on-ne-sait-où comme s’ils avaient été téléportés dans une jungle hostile (en réalité une planète éloignée qui sert de terrain de jeu pour quelques guerriers extraterrestres avertis) ! Il y a là un melting pot assez intéressant de têtes brûlées venues d’horizons divers et de contrées variées, une sorte d’United of colors avec un militaire russe, un trafiquant mexicain, un détenu américain, un yakusa japonais, un rebel du Sierra Leone, et…..une israélienne des forces spéciales. Le seul qui n’ait rien à voir avec le reste de cette bande est un simple médecin, trop « boulet » pour être honnête, qui va servir d’appât pour attirer les horribles créatures (et se révéler bien plus perfide qu’il n’y parait !). Et que va-t’il se passer en pareille situation ? Vous connaissez déjà la réponse, où ces « 10 petits nègres » vont comme il se doit trépasser les uns après les autres dans d’atroces souffrances, infligées par plusieurs « predators » aussi malins que féroces qui se payent un « safari » en pleine forêt et en toute légalité…galactique ! Côté scénario, rien n’a beaucoup changé depuis 23 ans (même décor à la Alien, même ambiance suffocante, mêmes effets de camouflages, et même grosse bébête très méchante !), si ce n’est le fait d’être dans une autre galaxie que celle terrestre, assez proche d’ailleurs d’Avatar question flore disparate et faune bigarrée, ainsi que la présence non plus d’un vrai commando mais d’un éventail humain de la pire espèce. Si on avait voulu les envoyer pour une mission suicide façon Inglorious bastards, on ne s’y serait pas pris autrement ! En réalité, ces monstres-là ne sont-ils pas uniquement de notre monde, à voir ici le comportement de certains protagonistes vis-à-vis d’autrui ? Néanmoins, on n’est pas loin d’un jeu vidéo style game boy où il faut dégommer le plus de bestioles possibles, qu’elles soient humaines ou non. D’ailleurs, les règles ne sont pas plus différentes que celles des Predators 1 & 2 ainsi que le cross-over Aliens vs Predators, à part le simple fait que l’idée, déjà-vu n’est pas très originale, les dialogues plutôt grossiers assez limités et les pensées rarement poétiques peu profondes (juste une référence à Hemingway !). Certes, l’action est presque omniprésente, voire souvent encouragée (sauf le « ¼ d’heure américain » dans l’énorme foreuse abandonnée), mais certains détails font défauts (la chute libre en parachute pas réaliste, l’historique du premier film Predator, le survivant Laurence Fishburne qui arrive comme un cheveu dans la soupe), ce qui enlève de la tenue, de la force et de l’intensité au sujet. Bref, un gentil remake de plus à la sauce hollywoodienne qui ne s’est pas trop foulé dans la mise en scène ni l’habillage de cette franchise segmentée pour ne pas dire découpée de toutes parts !
C.LB
|