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La vie sauvage des animaux domestiques
Sortie
le 14/07/2010
De Dominique Garing avec la collaboration de Frédéric Goupil et un tas d’animaux domestiques...
Dans une jolie ferme de la Bresse Jurassienne, entre premiers bourgeons du printemps et canicule de fin d’été, les animaux domestiques semblent vivre en toute quiétude et en harmonie, non loin des animaux sauvages de la forêt et des champs. Un malaise du vieux fermier qui, habituellement, prend soin d’eux va tout bouleverser. La ferme et ses animaux vont se retrouver seuls. Leur vie va alors se révéler dans toute sa complexité, permettant de découvrir une réalité inattendue, parfois tragique mais le plus souvent drôle. Parmi les dindons, pintades, canards, lapins, oies, chevaux, vaches et autres animaux de la ferme, une poulette noire, 3 petits cochons, un chat gris, un renard, un hérisson et les fermiers eux-même nous entraînent dans les péripéties de ce monde qui bien qu’imprégné par l’homme, n’en a pas moins conservé sa part sauvage. Ce film est un documentaire animalier pas comme les autres. Il abandonne l’exotisme de rigueur dans ce genre codifié pour choisir la ferme d’à-côté, celle de notre imaginaire collectif, de notre enfance. Il choisit les armes de la fiction, qu’elles soient scénaristiques ou techniques, pour raconter d’un point de vue inconnu et surprenant, l’histoire des animaux domestiques, leurs tribulations pour vivre, leurs rencontres parfois cruelles avec les animaux sauvages mais aussi les relations sauvages des domestiques entre eux. Il croise régulièrement le terrain de l’observation laissant également la part belle à l’observation des comportements animaliers dans le grand cycle de la vie.
Que devient un animal domestique lorsqu’il n’a plus de maître et qu’il revient petit à petit à la vie sauvage ? Voilà une bonne idée cinématographique qui aurait mérité d’être un peu plus approndie, développé et fouillé, que seulement dans le premier tiers de ce documentaire 100% animalier. En effet, ce début de scénario plus ou moins de fiction, où des poules, cochons, lapins, chevaux et autres bétails, confrontés à eux-même dans une ferme en plein désordre, partent chacun à l’aventure, se transforme assez vite en un simple reportage animalier s’adressant plutôt aux enfants sur les comportements et la vie qui peut régner dans la cour de n’importe quelle ferme qui se respecte (le lieu de tournage s’est déroulé ici à Pierre de Bresse en Bourgogne). Ah, n’avoir plus d’enclos ni de grillage, quelle aubaine, mais vivre sans les hommes, c’est aussi vivre sans défense ! Ca démarrait pourtant bien, ce monde sans fermier qui réveille l’instinct sauvage de ces animaux domestiques abandonnés à leur propre (ou triste) sort et se débrouillant tant bien que mal pour s’en sortir sans une présence humaine. Acec cette autre dimension narrative exploitée, il y avait vraiment de quoi aller plus loin, en faire quelque chose de beaucoup plus étonnant, palpitant et passionnant, que cette énième production lancinante et déjà (trop) aperçu à la télévision comme au cinéma. Heureusement que la belle voix off et bien nuancée d’André Dussollier apporte un peu de gaîté et d’humour dans la narration de ce documentaire sans grande originalité ni véritable attrait. C’est à se demander si le réalisateur n’a pas eu peur en cours de route de voir une partie de son cheptel décimé par des prédateurs environnants (tel que par exemple le renard), et s’est contenté de se rabattre avec du remplissage sur ce que quasiment tout le monde connaît et a déjà vu dans une ferme. Bref, on peut dire que c’est la victoire du domestique, bien lisse et sans saveur, sur le sauvage, même au cinéma !
C.LB
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