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Toy story 3

Sortie  le  14/07/2010  

De Lee Unkrich avec les voix de Tom Hanks, Tim Allen, Joan Cusack, Don Rickless, Wallace Shawn et Michael Keaton (et en français Benoît Magimel, Frédérique Bel et Grand Corps Malade)


Andy s’apprête à partir pour l’université. Délaissés, les jouets se retrouvent….à la crèche ! Les bambins déchaînés et leurs petits doigts capables de tout arracher sont une vraie menace, et il devient urgent d’échafauder un plan pour leur échapper au plus vite.
Quelques nouveaux venus, en plastique ou en peluche, vont participer à la grande évasion, dont l’éternel séducteur Ken, compagnon de Barbie, un hérisson comédien vêtu d’une culotte de cuir nommé Labrosse, et un ours rose parfumé à la fraise appelé Lotso.
L’aventure ne fait que commencer….


C’était prévisible, voire inévitable et il fallait d’ailleurs un peu s’en douter : les grands films d’animation américains sont des franchises qui marchent très bien auprès du public et qui en plus rapportent beaucoup à leurs créateurs (presque 6 milliards de dollars en 10 films) ! Donc, raison de plus pour en faire des suites qui viennent régulièrement et surtout agréablement ponctuer nos étés. Alors que Shrek 4 annonce son ultime chapitre (« il était une fin ») pour le 30 juin, voilà que Toy story se présente dans un 3ème (et sans doute dernier ?) volet pour notre fête nationale !
Si l’on doit comparer ses 2 blockbusters fort attendus, et de plus en 3D (mode oblige !), qui font s’affronter par écrans interposés dans quelques semaines, il y a fort à parier que « l’histoire de jouets » va battre à plat de couture « l’ogre vert » er rester inoubliable. Et cela pour la simple et bonne raison que franchement rien ne manque à ce nouveau volet très méritant et fort créatif pour qu’il plaise au plus grand nombre et fasse l’unanimité partout : ni une belle aventure toute en émotion, astuce et débrouillardise, qui tienne vraiment la route et, par la même occasion, en haleine les spectateurs (l’introduction en est déjà la preuve irréfutable avec une entrée en matière des plus folles qui soit !) ; ni les situations haletantes, profondes et pleines de suspense qui s’enchaînent avec autant de nuance que de surprise, et cela sans aucun temps mort et sans la plus petite baisse de régime (depuis la garderie d’enfants jusqu’à la déchèterie municipale) ; ni les excellents dialogues qui fussent avec humour (entre autres la rencontre entre la futile Barbie et le prétentieux Ken, et le monologue du clown avec la voix slammée de Grand Corps Malade), gravité (les changements à affronter et les choix cornéliens à faire), et subtilité (il suffit de voir les expressions comme les réactions riches en émotions de nos héros articulés pour comprendre qu’ils sont aussi vrais que nature !) ; et encore moins les effets de mouvements et de cadrages qui nous feraient presque oublier par moments que nous sommes en présence d’un film uniquement en images de synthèse, ralentis compris !
Bref, une réussite pour le moins exemplaire qui nous démontre par A + B que les suites peuvent être aussi bonnes, voire même meilleures que précédemment ! Il fallait juste éviter de tomber dans le piège de la redite ou du cliché en tirant sur quelques bonnes vieilles ficelles bien éculées, et le réalisateur Lee Unkrich a su toutes les contourner efficacement. C’est que cette figure emblématique des studios Pixar, qui a officié comme monteur sur Le premier Toy story, Cars et Ratatouille, puis comme superviseur du montage sur 1001 pattes et enfin comme coréalisateur de Toy story 2, Monstres & Cie, et Le monde de Nemo, sait de quoi il parle (et raconte). Son scénario toujours autour de ces fameux jouets (Woody, Buzz, Jessie, Rex, Monsieur Patate, Zigzag,…), cette fois quelque peu délaissés et abandonnés (pour ne pas dire jetés), considérés comme dépassés, H.S. et has been, par leur propriétaire, devenu trop grand pour continuer à s’amuser avec eux, possède autant une réelle poésie communicative qu’une véritable portée universelle. Et ces vieux jouets « sans foyer » nous parlent : c’est un peu nous, cette image de l’évolution, de la la maturité, ainsi que de l’oubli que l’on peut avoir vis-à-vis de nos anciens souvenirs, nous qui en avons sûrement encore pleins notre mémoire, nos placards et autres lieux de rangements.
En résumé, voilà assurément le grand vainqueur de l’été 2010, qu’il soit vu d’ailleurs en version originale ou bien française (toutes les 2 sont un vrai régal !), qui réconcilie encore une fois cinéma d’auteur avec celui populaire, et qui pourrait bien se prolonger un peu plus jusqu’à passer Noël bien au chaud dans les premières places du hit-parade des meilleures entrées cinématographiques. C’est bien là tout le mal qu’on lui souhaite, n’est-ce pas ! Et tout cela en attendant une autre saga à venir, Cars 2…..

C.LB



 
 
 
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