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Le caméléon
Sortie
le 23/06/2010
De Jean-Paul Salomé avec Marc-André Grondin, Famke Janssen, Ellen Barkin et Emilie de Ravin
Espagne, 2000 : un jeune homme sort de son mutisme. Il dit s’appeler Nicholas Mark Randall, être américain et avoir été enlevé 4 ans plus tôt par les membres d’une secte. A la surprise de la police espagnole qui le soupçonne d’être un imposteur récidiviste, sa sœur vient le chercher et le ramène aux Etats-Unis, en Louisiane, où sa famille semble le reconnaître. Les récits des médias locaux sur ce retour miraculeux alertent le FBI dont l’agent, Jennifer Johnson, s’interroge de plus en plus sur la véritable identité de Nicholas et l’attitude surprenante de la famille. La caméléon est inspiré de la véritable histoire de Frédéric Bourdin, condamné à plusieurs reprises pour usurpation d’identité.
Monsieur le réalisateur Jean-Paul Salomé, ce n’est pas très beau de copier les bons scénarios que mettent en scène vos chers confrères ! Voilà à peine un an qu’Alix de Maistre a sorti Pour un fils, drame psychologique avec Miou-Miou et Olivier Gourmet, que vous voilà prêt à en faire un remake quasiment similaire, voire presque trait pour trait, d’autant qu’il raconte la même histoire, celle d’un adolescent paumé retrouvé mystérieusement après un « enlèvement » qui prétend être le fils perdu d’une mère quelques années plus tôt, et qui désire retrouver à tout prix sa famille. Là-dessus se greffe une enquête menée par un policier, troublé par cet incroyable « miracle » … Avouez tout de même que la similitude est proche pour ne pas dire identique, ne trouvez-vous pas ? Pensez donc, vous voilà avec un script tout tracé, déjà écrit et surtout basé sur une histoire vraie, un fait-divers survenu en 2000 ! Il n’y a plus qu’à choisir le casting et trouver les lieux de tournage, notamment là où ça s’est réellement déroulé. Là-dessus, vous choisissez de bons acteurs, Marc-André Grondin (vu dans CRAZY, Le premier jour du reste de ta vie, Bus Palladium), Famke Janssen (Goldeneye, The faculty, la trilogie X-Men, Trouble jeu), Ellen Barkin – méconnaissable – (Dans la peau d’une blonde, Blessures secrètes, Mad dogs, Las Vegas parano, Ocean’s 13) et Emilie de Ravin (la série Lost, La colline a des yeux, Public enemies, Remember me), mais vous êtes incapable de bien les « driver », de les diriger correctement comme de les rendre crédibles et convaincants à l’écran. Ils jouent tous excessivement mal dès le départ sauf peut-être Ellen Barkin, en femme arrivée au bout du rouleau et quelque peu défigurée par l’existence ! Votre héros a beau jouer la comédie à merveille, avoir une volonté incroyable, être un sacré menteur doublé d’un grand manipulateur et d’un mystificateur hors-pair, il n’arrive pas à nous émouvoir plus que cela, sans doute à cause de son côté trop lisse, bien fade et sans saveur. Il aurait ête tellement plus efficace de le rendre profond, touchant et subtil (avec par exemple un peu plus de motivations intérieures), au lieu de broder autour de lui des séquences narratives lancinantes, des flash-back redondants et des effets inutiles. Vous auriez quand même pu éviter de faire juste un téléfilm, sans oublier son ambiance prévisible et ses réactions téléphonées, alors que vous nous aviez habitué dernièrement à nous sortir le grand jeu, avec plus de clinquant et de démesure, certes à grand frais mais pas forcément toujours réussi (souvenez-vous de Belphégor, Arsène Lupin, et Les femmes de l’ombre) ! Ah, si vous aviez voulu absolument nous offrir un thriller identitaire aussi fascinant qu’haletant, vous auriez du éviter de vous contenter uniquement de reprendre le bon travail des autres pour faire moins bien !
C.LB
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