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Plan B : The defamation of strickland banks

le  17/05/2010   chez Atlantic/WEA





Les chanteurs comme Harry Connick Jr., Michael Bublé ou bien encore Josh Groban n’ont qu’à bien se tenir et à assurer quelque peu leurs arrières, Plan B, alias Ben Drew, un anglais pure souche, déboule à nouveau sur le devant de la scène avec un 2ème album digne de ses quelques grands artistes cités précédemment. En effet, loin de vouloir à tout prix le comparer à ses illustres crooners au timbre de soprano exceptionnel qui oscillent eux entre jazz et pop, notre jeune homme à la voix cajoleuse, douce et chatoyante, serait plutôt à cataloguer du côté de la black music, dans un registre soul, R&B et funk, tant ce gamin blanc de Forest Gate (quartier de Londres), assez obsédé par les années 60, sait y faire pour interpréter des chansons passéistes qui fleurent bon le fameux son de la Motwn.
Impossible de ne pas craquer lorsqu’il se met à chanter quelques-unes des 13 ballades qui composent agréablement ce nouvel opus, tant elles sont superbes, à la fois puissantes et envoûtantes, les unes comme les autres ? Que ce soit le sexy Love goes down à l’orchestration très américaine et aux arrangements adéquats, le cadencé Writing’s on the wall, l’entraînant She said fort bien balancé, l’harmonieux Welcome to hell avec des chœurs légèrement gospel, le festif Hard times à la voix aigue un peu comme celle de Terence Trent d’Arby (qu’on retrouve d’ailleurs sur Prayin’ et sur Free), l’enlevé The recluse et le dansant Traded in my cigarettes avec des violons précipités, ou encore le sensible I know a song, c’est un véritable festival de mélodies ensorcelantes qui nous rappelent le bon vieux temps des ballades finement écrites et impeccablement accrocheuses.
A part 3 morceaux (l’appuyé Stay too long, le précipité Darkest place et le saccadé What you gonna do) qui lorgnent vers le hip-hop avec des strophes ou des refrains rappés, tout le reste n’est qu’un grand et vibrant hommage à ces pères qui ont marqué la musique noire dans les sixties, tel que Smokey Robinson, et les seventies tel que Marvin Gaye, ainsi qu’à la nouvelle génération comme le britannique Craig David, Maxwell, John Legend ou Raphael Saadiq.
Bref, Ben Drew, ou plutôt Plan B, semble n’avoir plus rien à prouver quant à ses capacités à interpréter des morceaux aussi chaleureux que langoureux, alors que du côté des sonorités urbaines syncopées à la manière d’Eminem, ce n’est pas très renversant ni vraiment transcendant. Quoi qu’il en soit, ce bel excercice de style sonne particulièrement juste et pourrait faire un peu d’ombre à ces confrères qui n’osent pas trop s’aventurer dans un registre extrêmement codifié, voire très périlleux pour certains. En résumé, ce n’est certes pas nouveau mais quelle émotion et surtout, qu’est-ce que c’est bon à écouter !

C.LB



 
 
 
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