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The killer inside me
Sortie
le 11/08/2010
De Michael Winterbottom avec Casey Affleck, Jessica Alba, Kate Hudson, Simon Baker et Bill Pullman
Shérif adjoint, Lou Ford est un homme charmant et efficace. Apprécié de tous, c’est l’un des pilliers de la communauté. Aussi séduisant soit-il, il connaît toutefois quelques problèmes avec les femmes et la loi. Les meurtres se multiplient dans sa petite ville du Texas et à l’allure où vont les choses, on ne tardera pas à découvrir que c’est lui qui en est l’auteur… Dans cet univers d’un noir absolu, rien n’est ce qu’il paraît et il se pourrait bien que les enquêteurs, qui traquent Lou Ford, cachent eux-mêmes de sombres secrets. The killer inside me, le nouveau film de Michael Winterbottom, est adapté du roman de Jim Thompson paru en France sous le titre “Le démon dans la peau” (Folio Policier).
On ne peut vraiment plus se fier à personne ! Si maintenant les policiers se mettent à avoir des envies de meurtres et passent à l’acte, où va-t’on ? C’est ce que ce simple shérif nous démontre de la manière la plus calme, posée, réfléchie et presque chirurgicale, qui soit ! Avec sa tête de premier de la classe, on donnerait (quasiment) à Casey Affleck (la trilogie des Ocean’s ; Gone baby gone) le Bon Dieu sans confessions, avec son apparence bien propret de bon citoyen qui travaille pépère dans un petit patelin « tranquille » où rien ne se passe de franchement palpitant ni de réellement excitant. Pour corser son quotidien plutôt assez ennuyeux (il faut le dire), quoi de mieux que de trucider des gens plus ou moins proches de lui, histoire de pimenter un peu son existence monotone et régler quelques comptes avec certaines personnes qui lui semblent non-désirables ? Aussi malin que machiavélique, et aussi rusé que calculateur, il va en dégommer 5 (et en pousser 2 autres au suicide) comme si de rien n’était, certes froidement et implacablement mais avec minutie et précision. Tout semble marcher comme sur des roulettes jusqu’à ce qu’il éveille quelques soupçons bien (in)compréhensibles auprès de son entourage. Comment ne pas apprécier ce style de polar très noir et bien sanglant, d’autant qu’ici le réalisateur Michael Winterbottom (The road to Guantanamo ; Un cœur invaincu ; La stratégie du choc) n’a pas lésiné sur la noirceur de l’image (peu valorisante d’ailleurs !), ni sur la brutalité des meurtres et encore moins sur la violence de certaines situations ? Entre 2 (pour ne pas dire plusieurs) parties de jambes en l’air (qu’il s’évertue à nous présenter de façon très régulières), il nous case un assassinat bien méthodique ou alors les pensées morbides de son « héros ». Malheureusement, n’est pas les frères Coen qui veut (et qui peut) ! Il a beau nous faire une belle reconstitution des années 60 avec un parc automobile de circonstance à l’appui, et nous proposer un casting de choix en les (belles) personnes de Kate Hudson et de Jessica Alba (sous toutes les coutures), il n’arrive pas à nous rendre ce scénario plus palpitant qu’il devrait l’être finalement. La faute à une enquête prévisible d’avance, voire déjà-vu, à une mise en scène particulièrement lancinante, et même pesante par moment, ainsi qu’un choix d’acteur principal qui manque autant de nuance que de profondeur. Avec sa voix fluette de petit garçon et son allure désabusée limite désinvolte, ce dernier, à l’aspect glacial et aux méthodes « machistes », n’est pas capable de nous insuffler plus de sympathie ou de compassion que cela. Incapable donc de jouer une seconde les repenties, il est relégué au simple rôle de méchant sans états d’âme ni but précis dans ses « débordements » sauvages. Ah, si seulement l’acteur Bill Pullman, qui avec son éternel regard d’allumé nous fait ici juste une petite apparition à l’écran, nous avait campé ce meurtrier nonchalamment « pourri », ça aurait eu tout de suite une toute autre gueule, vous ne croyez pas ?
C.LB
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