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Shrek 4 : il était une fin (sur Ciné + Famiz)

Sortie  le  05/01/2024  

De Mike Mitchell avec les voix de Mike Myers (Alain Chabat en français), Cameron Diaz, Eddie Murphy et Antonio Banderas


Après avoir vaincu un méchant dragon, sauvé une belle princesse et le royaume de ses parents, que peut encore faire un ogre malodorant et mal léché ? Domestiqué, assagi, Shrek a perdu jusqu’à l’envie de rugir et regrette le bon vieux temps où il semait la terreur dans le royaume. Aujourd’hui, tel une idole déchue, il se contente de signer des autographes à tour de bras. Trop triste…
C’est alors que l’habile et sournois Tracassin lui propose un contrat. Shrek se retrouve soudain transporté dans un monde parallèle totalement déjanté où les ogres sont pourchassés, où Tracassin est roi, où Fiona et son bien-aimé ne se sont jamais rencontrés…
Shrek va-t-il réussir à déjouer le sortilège, à repasser de l’autre côté du miroir, à sauver ses amis, à restaurer son monde et reconquérir l’amour de sa vie ?


Voilà encore notre Shrek chéri en bien mauvaise posture, non plus aux prises avec des ennemis extérieurs, aussi fourbes et machiavéliques les uns que les autres, mais cette fois avec ses propres démons intérieurs. Pensez donc, notre ogre préféré est gagné par l’ennuie que lui procure sa nouvelle vie de famille et son nouveau rôle de père, lui qui a tout pour être parfaitement heureux et avoir tous les bonheurs du monde : une femme qui l’aime et qu’il aime, 3 « monstrueux » enfants, plus des amis à profusion bien trop (voire omni)présents. C’est qu’il nous ferait une petite dépression post-maritale et post-parentale, notre anthropophage adoré : un vrai coup de nostalgie, de cette fameuse époque où il était célibataire, sale, égoïste, trash, méchant et fier de l’être. Il est en colère d’être devenu un géant vert en pantoufles, et veut retrouver ce bon vieux temps où il faisait peur à tout le monde.
C’est sans conteste une franchise qui marche ou plutôt qui fonctionne à merveille, n’oubliant pas au passage de sortir des références bien à la mode (quand Shrek surfe en skate sur les toits d’un village), une BO adéquate (que des hits et autres tubes en puissance, de Bob Marley aux Carpenters, en passant par Lionel Richie, les Beastie Boys, Stevie Wonder, les Scissor Sisters, Enya et, bien sûr, les Weezer, générique de fin des précédents opus), et de nouveaux personnages qui ne manquent pas de piquants ni de curiosité (Tracassin, un nabaud roublard et despotique – comme le roi dans l’épisode 1 -, des sorcières mercenaires et croquemorts à leurs heures perdues, ainsi que des ogres terrés dans la forêt, dans l’attente d’une attaque imminente).
On aurait pu s’attendre à une suite un peu mollassonne, notamment comme celle proposée dans le chapitre 3, et c’est, fort heureusement, tout le contraire ici, à travers un scénario à la fois inventif, autant surprenant que délirant. Si l’ambiance est plus grave et quelque peu mélancolique au début, c’est pour mieux passer à la vitesse supérieure dès que Shrek, pris dans les mailles d’un sortilège implacable, passe dans un nouveau monde glauque et (presque) inconnu pour lui, où tous ses anciens repères sont tronqués ou bien fausés. L’âne ne le (re)connaît pas, le Chat Potté est devenu un gros chat paresseux et bien empoté, et Fiona, une guerrière ralliée à la cause de tous les ogres malmenés et opprimés.
C’est toujours et à chaque fois un véritable plaisir que de retrouver toute cette bande de joyeux drilles (et lurons), prêts à en découdre avec autrui dans la joie et la bonne humeur partagées. Jamais à courts d’idées ni de séquences jubilatoires, cette 4ème et (semble-t-il) dernière production animée de Shrek, sortie des studios Dreamworks, n’en est pas moins une réussite à tous points de vues (3D comprise), qui a marqué pour toujours l’univers de l’animation (dans le graphisme, le ton et le détournement), et qui restera à jamais une référence en la matière, c’est évident !

C.LB



 
 
 
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