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Coach

le  03/06/2010   au théâtre Saint-Georges, 51 rue Saint-Georges 75009 Paris (du mardi au samedi à 20h45 et dimanche à 15h)

Mise en scène de Julie Carcuac avec Thierry Beccaro, Pierre-Olivier Scotto et Valérie Vogt écrit par Pierre-Olivier Scotto




2 quadras célibataires, en mal de relations humaines épanouies, s’abandonnent aux conseils d’un coach. Avec elle, les séances de remise en selle ont des allures de thérapie. Simplistes et un tantinet grotesques, nos 2 hommes se soumettent à cette leçon de choses, afin de regagner la confiance en eux-mêmes qui leur fait cruellement défaut.
Sur cette trame un peu mince, Julie Carcuac met en scène une comédie monotone et un peu poussive. En effet, les 2 candidats sont en réalité de pauvres bougres, dont le niveau intellectuel est si bas qu’il oblige leur coach à reprendre la vie à zéro, pendant 1h30. Le public, de ce fait, est pris en otage durant le même temps. Impuissant, il assiste à quelques scènes filandreuses où le dérisoire le dispute au prévisible, à la réplique près. Pierre-Olivier Scotto et Thierry Beccaro, dans un style à la lourdeur appuyée, campent 2 personnages comme Daumier dessinait les petits bourgeois de Balzac : le crayon est gras pour avachir les traits et confiner le portrait dans la caricature. Mais Daumier, lui, faisait rire.
Bref, nos 2 héros déambulent sur scène, un coup en jogging Johnny Hallyday, un coup en caleçon et sockettes, comme si cette succession d’accoutrements permettait de redoubler l’expression de leurs mimiques. Point n’est nécessaire ! Nous voilà coincés entre les simagrées de l’un, petit homme pleutre en pantalon mou, assujetti au spectre de sa maman à presque 50 ans et les postures machistes de l’autre, pseudo play-boy de supermarché en bottes western, la moustache à la Freddy Mercury, bien qu’étant viscéralement anti homosexuel. Une belle paire de nigauds ces deux-là ! Bientôt, ils s’enamourachent de leur coach, une plantureuse donzelle, qui elle même traverse des déboires sentimentaux.
A grands fracas, on sent venir la chute de cette langoureuse comédie. Les 2 élèves viennent au secours de leur maître, allant jusqu’à se substituer à elle, lorsqu’un ministre client de la coach téléphone pour une consultation dans l’urgence. Nos 2 lascars, qui ont avidement sucé la mamelle de leur docte professeur, se sortent de la situation avec brio, achevant la pièce sur une fin aussi farcesque que leurs accoutrements.
On aura compris que le théâtre de boulevard n’est pas forcément synonyme de mièvrerie et qu’une caricature ne s’exécute pas à l’encre fluorescente pour gagner en force. Comme dit le sage, un bon livre commence par une bonne histoire et une bonne histoire commence par un bon coach.

P.C



 
 
 
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