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The crazies
Sortie
le 09/06/2010
De Breck Eisner avec Timothy Olyphant, Rhada Mitchell, Joe Anderson et Danielle Panabaker
Et si la folie était contagieuse ? Imaginez un virus capable de transformer n’importe qui en fou dangereux. Imaginez maintenant ce virus se répandant sur une petite ville tranquille du Middle-West. Alors que les habitants voient leurs proches se changer en assassins, un shérif tente de protéger les quelques personnes encore non infectées en attendant les renforts. Mais lorsque l’armée intervient enfin, c’est pour mettre la ville en quarantaine quitte à exécuter toute personne tentant de fuir. Abandonnés à leur sort, ce petit groupe de survivants va tenter de s’en sortir…
Le calendrier des sorties de films au cinéma en fait parfois se coïncider 2 presque en même temps sur les écrans, qui traitent du même sujet, voire de la même histoire. C’est le cas avec celui-ci et Infectés de Alex & David Pastor, sorti le 26 mai dernier, film d’horreur qui racontait le périple de 4 jeunes aux prises avec leurs réactions, comportements et autres démons face à leur pays, les Etats-Unis, dévasté par un virus foudroyant. Dans le cas qui nous intéresse ici, il s’agit seulement (et pour l’instant !) d’une petite ville agricole américaine en proie à une contamination insidieuse qui rend fou dangereux tous ses habitants. A part çà, le principe est toujours le même, celui de nous montrer comment un petit groupe d’individus lambda va pouvoir s’en échapper sans trop de dégâts ni de pertes. A premières vues, on n’est pas très loin de 28 jours plus tard, ni de Zombies, tant les références à un pays touché par une attaque virale très contagieuse et aux effets particulièrement morbides sur ces victimes démentes nous y font irrémédiablement penser. D’ailleurs, à ce sujet, ce n’est pas pour rien si George A.Romero, figure emblématique et centrale du cinéma d’horreur contemporain (La nuit des morts-vivants, Zombie, Le territoire des morts, L’armée des morts), est le producteur exécutif de cette fiction-là ! Mais si les productions U.S. ont cette particularité de s’approprier ici et là certaines bonnes idées venues d’ailleurs, elles ont au moins souvent le mérite d’y mettre autant les formes que les moyens (figuration en nombre, plusieurs hélicoptères, accidents de voitures et explosion finale). C’est certes un film de série B auquel nous avons droit mais il a l’avantage de ne pas se cantonner uniquement à essayer de nous faire peur avec les éternels effets très attendus dans la pénombre crépusculaire et les conséquences irrémédiablement effrayantes sur l’atmosphère environnante. On a beau connaître plus ou moins le dénouement quasi prévisible de ce scénario pas transcendant mais bien soutenu (malgré quelques lenteurs), on est tout de même encore et toujours curieux de savoir ce qui va arriver, bien évidemment, à ces rares survivants, héros malgré eux d’une catastrophe dans laquelle ils ne sont malheureusement que de simples pions plus ou moins manipulés. Ils nous font entre autres penser à des cobayes dans une cage de laboratoire, évitant les barrages et autres pièges tendus par l’homme, ici représenté par l’Armée, toujours responsable de la plupart des maux, et présente pour tenter d’irradiquer un mal qu’elle a peut-être elle-même inoculée exprès ou non aux autres. Elle est d’autant plus pointée du doigt que ses procédures de confinement sont musclées, et ses méthodes de nettoyage expéditives, pour ne pas dire radicales, pardon, fumeuses. Quand aux personnages, ils sont un tant soit peu caricaturaux : un shérif très sûr de lui qui même blessé se surpasse (Timothy Olyphant, vu dans Hitman, Go, Scream 2 et Die hard 4 – retour en enfer), son épouse (jouée par Rhada Mitchel, aperçue dans Clones, Silent Hill, Man on fire et Phonegame) toute aussi énergique, un adjoint (interprété par Joe Anderson, présent dans Across the universe et Les ruines) qui a le sens du sacrifice « héroïque », et une « figurante » (Danielle Panabaker : Vendredi 13, Prodigy, Mr. Brooks) qui n’aura pas le temps de « l’ouvrir » ni d’aller jusqu’au bout du chemin ! Heureusement que certaines scènes efficaces, notamment celle du garage avec son lavage automatique sanglant, ainsi que quelques effets spéciaux nous font un peu oublier ces clichés éhontés et autres maladresses narratives. N’empêche que l’image finale, celle du couple de rescapés main dans la main sur fond de bombe atomique, reste encore à désirer ! Monsieur le metteur en scène Breck Eisner (Sahara), vous avez encore vos preuves à faire….
C.LB
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