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Bantunani : Africanization

le  31/05/2010   chez Vizualizmusic





Que serait la musique endiablée, dite aussi primitive, voire sauvage, à la fois chaloupée et percutante, festive et dansante, sans celle ancestrale venue d’Afrique, berceau des rythmes envoûtants et des chansons joyeuses qui ont bercé toute une nation depuis des millénaires, avant de s’expatrier de gré comme de force vers les Amériques (et pour cause !) et autres contrées du monde entier (d’ailleurs, ne l’appelle-t-on pas pour cela world music ?). On vous parle ici de cette sonorité toute particulière qu’on retrouve un peu partout, aussi bien sur le vieux continent noir encore aujourd’hui que dans des pays où le type musical africain a évolué et conquis plus d’un musicien.
Ce que nous propose ici, avec leur 2ème album, le groupe de nu-rumba (ou afro-cubai, c’est selon) Bantunani, créé en 2007 par Michel Nzau Vuanda, c’est une invitation dans l’univers particulièrement coloré de l’afrogroove africain, une revisite expérimentale assez novatrice autant du funk que du ragga, de l’afrobeat que du hip-hop, de la pop que du soukouss (style de musique dont l’origine remonte à l’ancien Zaïre, devenu depuis la République Démocratique du Congo), le tout sur fond de tempo electro très dancefloor, de choeurs chatoyants en langue lingala, de refrains souvent émouvants, de beaux riffs de guitares comme de mandolines, et de percussions bien typiques de l’Afrique.
Ce mouvement musical nomade pour le moins créatif a su installer une ambiance tour à tour ensorcelante et entraînante à travers un melting-pot musical traditionnel de 14 titres éclectiques, certes quelque peu énigmatiques vu leur nom, mais aussi cadencés et syncopés les uns que les autres. Que ce soit Africangroovin (dans l’esprit du fameux hit Bandolero), Letthemtalk (plutôt pop avec un timbre de fausset), Gangstarlies (à l’atmosphère rock et à la voix grave), Blackninja extended (pas loin de Santana et pédale wah-wah en prime), Africanization (avec un break rapé et quelques envolées lyriques derrière), Gipsylady (aux consonances espagnoles), ou bien encore les 5 derniers morceaux qui nous rappelent ces fameuses sonorités africaines bien entêtantes, c’est un festival groovy auquel nous convit Bantunani.
Impossible de ne pas craquer pour ce projet sonore ambitieux des cosmopolites Bantunanis qui, tout en gardant son esprit d’origine, joue astucieusement sur la dualité des genres et des styles musicaux recus en héritage par leurs ancètres, sans totalement dissocier les instruments spécifiques des intonations énergiques ! Bref, une curiosité très enivrante et très engageante, qui ne demande qu’à exploser autant dans les charts du monde entier que sur les pistes de dance !

C.LB



 
 
 
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