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Splice

Sortie  le  30/06/2010  

De Vincenzo Natali avec Adrien Brody, Sarah Polley et Delphine Chanéac


Clive et Elsa sont des superstars de la science : ils ont réussi à combiner l’ADN de différentes espèces animales pour obtenir de fantastiques hybrides. Ils sont amoureux l’un de l’autre autant que de leur travail, et veulent à présent passer à l’étape suivante : fusionner de l’ADN animal et de l’ADN humain.
Lorsque le laboratoire pharmaceutique qui les finance refuse de les soutenir, Clive et Elsa décident de poursuivre leurs expériences en secret. Ils créent Dren, une créature étonnante dont la croissance rapide la fait devenir adulte en quelques mois. Alors qu’ils redoublent d’efforts pour préserver leur secret, leur intérêt scientifique pour Dren se mue peu à peu en attachement. Dren finira par dépasser les rêves les plus fous du couple….et leurs pires cauchemars.


On ne devrait surtout pas laisser les scientifiques s’amuser à faire un tas d’expériences, recherches et autres manipulations génétiques dans le seul but (et peut-être aussi plaisir) de tenter de nouvelles opérations afin d’irradiquer les quelques graves maladies difficilement soignables, voire incurables qui sévisent de part le monde. Certes, le geste est plutôt beau, touchant, profond, honorable et sans aucun doûte sincère, mais la démarche pour y parvenir n’est pas toujours signe de réussite flagrant, ni acte de progrès évident et encore moins avancée technologique digne de figurer dans les inventions et découvertes majeures de l’Histoire…de la médecine ! Mais quand on est jeune et fougueux, autant passionné par son travail qu’insouciant quand au résultat final, on se lance souvent tête baissée dans des fabrications en tout genre sans se soucier des dérives de la génétique occasionnées, et dans des mixages pour le moins incroyables, histoire de se dire qu’on va marquer de son empreinte indélébile toute une époque afin d’entrer dans une nouvelle ère à la fois salvatrice et bienfaitrice.
Toutefois, on a bien du mal à croire à ce scénario de science-fiction, limite fantastique mélé d’horreur, autour de clônage d’ADN, sur fond de thriller quelque peu tiré par les cheveux, ainsi qu’à ces protagonistes aussi peu crédibles à l’écran l’un (Adrien Brody, vu dans Le pianiste, King Kong et Manolette) que l’autre (Sarah Polley, aperçue dans Exotica, De beaux lendemain, L’armée des morts et Mr.Nobody). Comment ne pas rire « extérieurement » devant ces nouvelles formes animales bizarres, concoctées par nos 2 généticiens « cinglés » (un gros morceau de viande particulièrement épais qui ressemble plus à un pénis surdimentionné mais sans couilles qu’à une créature docile et avenante) ? Et comment ne pas sourire « intérieurement » devant ces « héros » en biotechnologie qui essayent de dépoussièrer tant bien que mal l’image que l’on peut se faire en général d’un scientifique, représenté le plus souvent comme un vieux grisonnant, plutôt un peu coincé et toujours concentré sur ses travaux ? Ces 2 nouveaux soi-disant « branchés » sont finallement assez décalés, presque d’un autre temps (veste à carreaux à chier, voiture orange dépassée – de plus en forme de zob ! -, tableaux de manga hideux et musique rock assourdissante).
Tout ce que ces « Frankenstein » modernes arrivent à « pondre » (à défaut de notre héroïne contrariée qui ne semble pas vouloir du tout enfanter avec son propre Jules !), c’est un hybride humain, mélange de skinhead (crâne rasé) et de poule (qui picore de la même façon), avec 4 doigts à chaque main, une queue en forme de serpent à sonnettes et des pattes de kangourou qui lui permettent de faire des bonds gigantesques. Vous imaginez le tableau ? Là-dessus, vous rajoutez un quasi « unique » décor de laboratoires, quelques machines qui font de drôles de bruits, un patron tour à tour mielleux et autoritaire, et vous aurez planté les intervenants et le lieu où réside et évolue ce singulier spécimen de « monstre », joué par Delphine Chanéac (Brice de Nice, La panthère rose), une chimère habillée en robe de petite fille, poussant des cris de dauphin qu’on égorge, possédant des ailes rétractables et se muant sans problème sous l’eau telle une créature amphibie (capable de respirer grâce notamment à des branchies internes). Voilà tout le profil de ce E.T. au féminin, court vétu et « aguicheuse » comme ce n’est pas permis, qui se révèlera ingérable, plus incontrôlable que docile et plus prédateur que végétarienne. D’ailleurs, à ce sujet, nos 2 « têtes » chercheuses ne vont plus rien maîtriser et encore moins sécuriser, ni leurs dialogues (« un savant, ça repousse ses limites ! » : ça c’est sûr !), ni leurs faits et gestes (ils vont « baiser » devant leur « progéniture », ce qui va lui donner évidemment des idées de reproduction !).
Bref, le sujet dérape dans les clichés, l’ambiguë, le grandiloquent et le cul, bref, le n’importe-quoi, n’oubliant pas au passage de sortir quelques références à Carrie (la scène de présentation aux actionnaires de Ginger & Fred) et au dessin animé du coyote (vous savez, bip, bip, vroum..….). Il fallait un peu s’en douter, d’autant que ce film, réalisé en 2008 par le canadien Vincenzo Natali (Cube, Cypher, Nothing), a déjà plusieurs fois repoussé sa date de sortie pour cause de « post-production » délicate : un signe qui ne trompe pas !

C.LB



 
 
 
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