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Herbie Hancock : The imagine project

le  21/06/2010   chez Sony music





Il est arrivé une fois de plus là où on ne l’attendait pas ! C’est toujours comme çà avec Herbie Hancock : il annonce tout simplement la sortie prochaine d’un nouvel album, on se dit encore du (bon) jazz ou de l’électro, et nous voilà encore « sur le cul » après écoute d’un disque uniquement composé de reprises plus ou moins connues à sa sauce ! Ce jazzman mythique, avant-gardiste impénitent, continue à nous étonner avec ses virages musicaux à 180°, pleins de fusion en tout genre, et avec ses invités, aussi bien d’anciens collaborateurs de jazz que de nouveaux talents de la scène musicale du moment, qu’ils viennent de la pop, du rock, de la folk ou bien du hip-hop.
En effet, pour cette nouvelle occasion (et un peu comme à ses débuts avec Charlie Parker et Miles Davis ou sur Possibilities sorti en 2005), Herbie Hancock s’est entouré à nouveau de quelques pointures à la fois du passé et d’aujourd’hui, musicales venus des 4 coins du globe, aussi bien des pionniers légendaires dans leur domaine (les jazzmen Jeff Beck et Marcus Miller sur Imagine de John Lennon ; l’indienne Anoushka Shankar – sitariste et fille du célèbre Ravi Shankar – sur The song goes on de Larry Klein ; les irlandais The Chieftains sur The times they are a changin’ de Bob Dylan)), que des prometteurs certifiés de la nouvelle génération et dans la mouvance actuelle, autant variété (Pink et John Legend sur Don’t give up de Peter Gabriel ; James Morisson sur A change is gonna come de Sam Cooke ; Dave Matthews sur Tomorrow never knows de John Lennon) qu’exotique (la chanteuse brésilienne Céu sur Tempo de amor de Baden Powel et Vinicius De Moraes ; le malien Toumani Diabate sur The times they are a changin’ ; le latino Juanes sur La tierra de Juan Esteban Aristizabal ; Los Lobos sur Exodus de Bob Marley).
Bien évidemment, les musiciens fétiches (le saxophoniste ténor Wayne Shorter) et les chanteurses fidèles (Chaka Khan ; Lisa Hannigan) d’Herbie Hancock sont aussi de la partie, lui qui les accompagne au piano sur chacun des morceaux. Si certaines versions ont du mal à se faire reconnaître rapidement (notamment The times they are a changin’ avec l’interprétation à la fois troublante et envoûtante de Lisa Hannigan, Tamatant tilay/Exodus qui mixe les 2 titres ensemble dans un rock berbère bien enlevé, et Tomorrow never knows où la voix est trafiquée dans une atmosphère psychédélique assez planante), d’autres s’identifient tout de suite (tels que Imagine dans un rythme plutôt africain, Don’t give up un peu plus chaloupé que l’original, et A change is gonna come dans une belle interprétation épurée et toute en douceur).
Tout ce beau monde se côtoie allégrement les uns avec les autres, réuni en duo sans aucun problème d’ego et dans la plus pure tradition (et harmonie) qui soit. Toutefois, on se ballade sur cet opus un peu entre free-jazz (le déhanchant Tempo de amor qui vire vers la bossa – et pour cause !-) et jazz-rock (le puissant Space captain qui finit avec des chœurs genre gospel), le tout avec des solos et des breaks souvent interminables qui ressemblent un peu à de longues sessions de jams. Toutefois, ce disque prenant, relativement doux et tout à fait dans l’ambiance feutrée d’une des compilations de Café del Mar, est un festival de couleurs ethniques très variées, choisis avec tact et goût, et de rythmes du meilleur crû.
Toujours en quête d’une musique qui évolue, Herbie Hancock continue à rester en avance sur son temps et à nous concocter un savant cocktail de styles musicaux. Bien lui en a pris ! L’esprit visionnaire du génial Hancock a encore frappé sur un album pour les puristes comme pour les amateurs qui aiment sortir un peu des sentiers battus : il sera d’ailleurs en concert le 12/07 à Sète et le 21/07 au Nice Jazz Festival.

C.LB



 
 
 
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