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Janelle Monae : The Archandroid

le  04/10/2010   chez Bad Boy/WEA





Quel joli minois, quelle grâce, quel port altier et surtout quelle jeunesse ! Mais également quelle puissance vocale, sachant se faire autant mielleuse qu’imparable, sensuelle que veloutée, troublante qu’envoûtante, et quel tempérament de feu dans ses rythmes tour à tour planants et dansants ! Janelle Monae, la nouvelle révélation ensorcelante du funk américain, a de qui tenir : un caractère et une force dignes des plus grandes chanteuses blacks, telle une Roberta Flack de l’an 2000. Il est vrai qu’on pourrait facilement la comparer aussi à des grands noms de la musique soul et R&B actuelle tel qu’Alicia Keys, tant ses dispositions pour devenir une diva sont bel et bien là, au même titre d’ailleurs que cette dernière.
A la fois auteure, compositrice et interprète, Janelle Monae est ce que l’on peut appeler un sacré phénomène ou plutôt une bombe à retardement, autant dans sa musique très colorée que dans l’épanouissement de son interprétation, et autant dans le fusionnement de sa musique que dans ses arrangements de toute beauté, aussi soyeux que légers. En effet, pour son premier album, elle a inventée un style musical pour le moins original et particulièrement éclectique, celui d’enchaîner les genres en passant allégrement de la musique classique dite symphonique (Suite II overture et Suite III overture) au hip-hop expérimental bien saccadé (Dance or die avec le poète Saul Williams ; Tightrope avec Big Boi d’Outkast), de la BO de cinéma harmonieuse (Sir Greendown et Babophyeya, un peu dans l’esprit du compositeur Burt Bacharach) au morceau destructuré mais néanmoins mélodieux (Neon gumbo, un interlude où la bande passe à l’envers ; Come alive plutôt déglingué et le déjanté Make the bus avec la troupe dance-punk psychédélique Of Montreal), de la jolie ballade douce et planante (Oh maker ; Mushrooms & roses ; Neon valley street ; Wondoland ; Say you’ll go), voire exotique (Locked inside) et même « religieuse » (5782 avec les prophètes punk de Deep Cotton au chant presque a cappella), à celle pop/rock assez relevée (Faster – comme son nom l’indique ! – et Cold war).
Voilà 18 titres subtils, pleins d’émotion et d’intensité, aux textes particulièrement inspirés et très portés sur l’immaginaire du 7ème art, qui méritent une attention toute particulière, d’autant qu’ils ont été dirigés et mixés par une belle brochette de producteurs fort talentueux (et non des moindres) : Sean « Diddy » Combs qu’on ne présente plus, Big Boi d’Outkast qui fait aussi office de coproducteur excécutif, Nate « Rocket » Wonder, Chuck Lightning et Roman GianArthur pour Wondaland Productions.
Il est déjà évident que ce disque majestueux, qui reflète une maturité indéniable, lui apportera récompense et gloire dans les charts du monde entier. Parions maintenant que cette star visionnaire d’un nouveau type sera à coup sûr et rapidement une future grande dame de la musique fusionnelle !

C.LB



 
 
 
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