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Les mains en l’air
Sortie
le 09/06/2010
De Romain Goupil avec Valeria Bruni-Tedeschi, Linda Doudaeva, Jules Ritmanic, Louna Klanit, Louka Masset, Jérémie Yousaf, Dramane Sarambounou et Hippolyte Girardot
22 mars 2067, Milana se souvient de ce qui lui est arrivé, il y a 60 ans…En 2009, Milana d’origine tchétchène est élève en classe de CM2 à Paris. Ses copains, sa bande, ce sont Blaise, Alice, Claudio, Ali et Youssef. Mais un jour, Youssef, qui n’a pas de papiers, est expulsé. Puis, c’est autour de Milana d’être menacée. Se sentant alors en danger, les enfants décident alors de réagir. Ils prêtent serment de toujours rester ensemble et organisent un complot pour sauver Milana….
Difficile de bien reconnaître « nos » enfants lorsqu’on les voit jouer à l’écran, plus éveillés les uns que les autres et plus débrouillards que jamais, tels des petits adultes avant l’heure ! Et pourtant, c’est assurément ce qu’ils doivent être quand on n’est pas là pour les observer, les surveiller ou plutôt les regarder évoluer. Bref, grâce à la magie du 7ème Art, cela nous permet d’apprécier à sa juste valeur ces charmants bambins qui s’émancipent pleinnement devant nos yeux pour le moins ébahis. Quoi qu’il en soit, ils jouent parfois, voire même assez souvent à des « jeux » dangereux (genre Les 400 coups mais dans une version 2010), pour ne pas dire même « interdits », que quasiment seul le cinéma leur autorisent à faire sans (trop de) réprimandes ou de risques. L’image de ces gosses qui traficotent en classe passe encore, mais quand ils se mettent à avoir des atitudes de grands, à fuguer ou à se comporter un peu trop inconsciemment comme des militants en herbe plus ou moins prêts à s’engager, on a du mal à s’identifier à leurs bêtises et à les accepter de la sorte. On a d’ailleurs la nette impression ici que les parents (le duo Valeria Bruni-Tedeschi/Romain Goupil est plus là pour montrer l’état « chancelant » du couple qui existe actuellement que l’esprit de famille « responsable » qui devrait normalement régner un peu partout !) pensent plus à régler leurs problèmes conjugaux ou bien à « s’éclater », au sens propre comme au sens figuré, qu’à protéger et s’occuper vraiment de leur charmante progéniture. Néanmoins, ne boudons notre plaisir de voir ces jeunes acteurs plus vrais que nature, drôles et dégourdis, parfaitement à l’aise devant une caméra et prêts à en découdre avec n’importe quel cas social (il est question de répression de sans-papiers et d’expulsion autour d’enfants scolarisés), eux qui semblent n’avoir pas le moindre doute qu’en à la justesse de leurs actes, ni à la finalité de leurs manigances, et encore moins la plus petite hésitation à vouloir vaincre l’autorité suprême, notamment celle de la justice et de la police. A ce sujet, le film est clair et précis : les gamins sont tous des gentils alors que tous les autres, surtout les flics, sont des méchants sans aucune distinction (ou presque). Normal quand on connaît les préférences et autres engagements « politiques » du réalisateur Romain Goupil (Mourir à 30 ans, Sa vie à elle, A mort la mort !, Une pure coïncidence), sorte de justicier à la Ken Loach mais bien de chez nous, jamais avare d’un pamphlet, d’un reproche ou d’un petit rappel à l’ordre ici et là vis-à-vis du gouvernement en place. Messieurs les ministres, vous êtes maintenant prévenu, ce sont les mineurs « hors-la-loi » qui font et défont la loi, à défaut de la faire appliquer et respecter comme il se doit !
C.LB
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