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Lyambiko : Something like reality
le 06/06/2010
chez
Sony classical/Sony music
Chaque saison apporte son lot de nouveaux artistes de jazz, plus prometteurs les uns que les autres, qui viennent inonder de leur rythme et leur style les bacs de nos disquaires. Dans ce cas-là, comment faire un choix judicieux et intéressant qui vous permette de découvrir la perle rare et, bien sûr, d’apprécier la peut-être nouvelle star de demain ? Difficile de répondre comme çà mais si vous penchez votre oreille sur le nouvel album de Lyambiko, une chanteuse allemande originaire de Tanzanie, vous découvrirez sans aucun doute celle qui pourra, dans un avenir on l’espère très proche, émouvoir et sensibiliser les fans de jazz du monde entier. Il faut savoir que cette jeune femme, à l’allure souveraine telle une reine et au port altier, écrit et interprète (sauf 4 reprises : 2 standards de jazz – Work song et Angel eyes -, plus Black hole sun de Chris Cornell, ex-Soundgarden et ex-Audioslave, ainsi que Crossroads de Tracy Chapman), laissant le soin de composer et d’arranger ses morceaux aux 3 autres membres de son groupe. Pour son nouveau disque, c’est assez impressionnant de voir comment elle réussit la synthèse de plusieurs genres musicaux (jazz, rock, folk et funk) sans vraiment donner l’impression de faire un de ces fameux exercices de style dont on a l’habitude d’entendre parfois chez les autres. C’est effectivement bien du jazz qu’elle nous offre au départ : l’enlevé Don’t stand by me plutôt joyeux, voire festif ; le nonchalant Taxi, le doux Clothoid et l’entêtant Lies sont là pour nous le rappeler, sans doute en référence à son précédent opus en hommage à Nina Simone, sorti en 2008. Mais loin de se cantonner à un seul rythme, Lyambiko s’élance vers d’autres horizons musicaux très éclectiques, aussi divers que variés, comme l’ambiance exotique sur le rapide Chasing dragonflies au débit quelque peu speedé, l’atmosphère cristalline sur le syncopé Work song, et l’esprit épuré sur le sombre Black hole sun chanté presque a cappella, tout comme d’ailleurs sur Crossroads. Ce qui marque et nous surprend aussi, c’est sa voix claire, sensible, veloutée, sensuelle et délicate, avec un timbre profond et grave, qui n’est pas s’en rappeler parfois ceux de Billie Holiday, Sarah Vaughn ou encore Nina Simone. C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que Lyambiko emprunte ici et là le même univers musical que ses 3 consoeurs, avec un sens inné de la tradition respectée dans une fraîcheur très actuelle (on a une réelle impression de naturel dans l’enregistrement comme si c’était un live !). Dans cette production aussi chaloupée qu’accrocheuse, elle nous dévoile tout son talent à travers 13 titres qui sont une réelle source de plaisir à chaque nouveau morceau, au point qu’on se laisse charmer par cette jeune diva pleine de sensibilité et de grâce incarnées. Raison de plus pour aller l’applaudir les 14 et 15 juillet au Duc des Lombards à Paris !
C.LB
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