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Eyes of war
Sortie
le 16/06/2010
De Danis Tanovic avec Colin Farrell, Paz Vega, Jamie Sives, Kelly Reilly et Christopher Lee
Photographes de guerre chevronnés, Mark et David sont en mission au Kurdistan. Tandis que le premier décide de rester sur place quelques jours encore en quête du cliché susceptible de le rendre célèbre, le second ne supporte plus la violence et le désespoir quotidien. Surtout, il veut rentrer pour retrouver sa femme Diane, qui attend un enfant. Grièvement blessé, Mark échoue dans un hôpital de campagne, avant d’être rapatrié à Dublin, où il apprend que David, lui, a disparu….
Quand on fait un métier pareil, avec en panorama toutes ces atrocités et autres misères en temps de conflit, on se doit d’être préparé, bien accroché et surtout très fort psychologiquement (« blindé » comme on dit), sinon, il faut tout simplement changer de job ! C’est un peu ce qu’on aimerait dire à Colin Farrell qui incarne ici un photographe de guerre qui a toujours occulté l’horreur mais qui se retrouve traumatisé par la disparition « inexpliquée » de son meilleur ami qui effectuait comme lui le même boulot. C’est sûr que ça ne doit pas être facile et encore moins évident tous les jours, loin de là, d’autant qu’à le voir aussi affecté, culpabilisé à ce point et vivre ainsi avec cette souffrance intérieure qui le tiraille jusqu’à le ronger au plus profond (il est obligé de voir une sorte de psychiatre qui a réponse à tout et qui va lui faire sortir petit à petit ce qu’il a de très gros sur le « cœur », lui qui voudrait le dire mais sans savoir comment !), on préférerait vraiment qu’il arrête rapidement, voire tout de suite ! Des films sur ces « têtes brûlées » en action qu’on appelle plus communément des reporters de guerre, on a pu en voir un paquet, depuis L’année de tous les dangers (qui se passe en Indonésie et plus précisément à Djakarta) jusqu’à dernièrement Lignes de front (au Rwanda), en passant par Under fire (au Nicaragua), La déchirure (au Cambodge), Salvador (comme son nom l’indique !), Hors la vie (au Liban), Harrison’s flowers et Welcome to Sarajevo (en ex-Yougoslavie). Cette fois, l’histoire se passe au Kurdistan (pourquoi pas ?), un moyen comme un autre d’essayer de coller à plus près d’une certaine réalité ambiante. Sauf que ces photographes ne savent pas bien se tenir (c’est d’une évidence latente !), mitraillant de tous les côtés bien plus que les combattants avec leurs propres armes, ni d’ailleurs « tenir » parfaitement leur appareil, un peu trop empressés devant les blessés qu’ils doivent photographier, à défaut de les « immortaliser » à tout jamais avant un trépas non désiré. Au lieu de se retrouver dans un vrai-faux, pardon, feu de l’action comme les autres productions citées précédemment, nous voilà embarqué dans une réalisation plus profonde, pour ne pas dire quelque peu théâtrale, plutôt assez introspective, plus explicative et bavarde que démonstrative en image (ça change !), sur ce qui doit être fait ou pas en temps d’hostilités sanguinaires. Et chacun y va de sa petite phrase toute faite qui doit marquer à tout prix, que ce soit le docteur kurde (Branko Djuric, aperçu dans Le temps des gitans et No man’s land – dont le réalisateur n’est autre que Danis Tanovic qui reçu pour cela l’Oscar du meilleur film étranger -, plus prof négligé que chirurgien patenté !) sur l’euthanasie et les amputations, la femme du photographe (Paz Vega, vue dans Lucia et le sexe, Parle avec elle, Spanglish et The Spirit, malheureusement pas transcendante pour 2 sous !) sur l’attention et les (re)marques qu’elle porte à son mari, et le vieux psychiatre (Christopher Lee, toujours impeccable malgré ses 80 ans passés !) sur le cheminement personnel de son patient. Bref, on aurait voulu faire un drame humaniste, posé, grave et mental, qu’on ne s’y serait pas pris autrement ! La faute à cette trop grande focalisation sur un seul acteur, Colin Farrell, au détriment des autres et surtout de son bon copain (joué par Jamie Sives, à peine présent un peu au début et à la fin !). L’erreur aussi à toutes ces démonstrations évidentes, ces explications attendues et ces interrogations prévisibles, d’autant qu’on le sait pratiquement dès le départ qu’il y a eu un grave problème. L’effet de surprise comme celui de suspense est relégué en 3ème catégorie, très loin derrière la triste réalité de la guerre et son impact dans la tête d’un photographe culpabilisant à mort et de façon psychosomatique. C’est peut-être l’esprit « chamboulé » mais pas vraiment les « yeux de la guerre » qui est représenté ici, loin de là ! En résumé, intéressant mais pas aussi intriguant qu’on aurait pu l’espérer…
C.LB
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