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Deftones : Diamond eyes
le 05/05/2010
chez
Reprise/WEA
Le rock américain est en pleine mutation aux vues de ces nombreuses formations qui jaillissent régulièrement des maisons de disques pour nous offrir un son brut et un style original made in USA. Avant, il y avait le metal, voici maintenant le néo metal (ou nu-metal) si vous préférez ! La différence, c’est qu’aujourd’hui le metal pur et dur ne fait apparemment plus recette. Il existe tellement de nouvelles influences musicales que la nouvelle vague des groupes de rock est obligée d’évoluer comme l’ont fait par exemple Pearl Jam, Incubus, Korn, White Zombie, Faith No More et les Bad Brains. C’est ce que d’ailleurs met en œuvre depuis plus d’une quinzaine d’années le groupe californien Deftones qui, même si leur référence au heavy metal est toujours aussi présente dans leurs albums, place quelques orientations alternatives, grunge, groove, voire même hip-hop, dans leurs morceaux comme sur leurs précédents opus, White Pony en 2000 et Deftones en 2003. Pour ce 7ème album depuis leur début en 1995, les Deftones tendent à adoucir un peu leur musique malgré le fait que leurs riffs de guitare en fusion soient beaucoup plus lourds et percutants que jadis comme par exemple le premier titre Diamond eyes, rock dynamique et rentre-dedans, certes diablement matraqué, aux riffs de guitares limite saturés, mais à la voix parfaite du chanteur et leader Chino Moreno, profondément belle, particulièrement puissante, quelque peu envoûtante et déchirante par moment. Le reste de l’opus est pratiquement du même acabit : Royal au timbre vocal plutôt vociférant ou alors trafiqué comme sur You’ve seen the butcher ; CMND/CTRL, Risk et This place is death au gros son bien relevé ; Prince et Rocket Skates au jeu fort assourdissant. Seuls le doux Beauty school et le planant Sextape calment légèrement le rythme en sortant un peu des sentiers battus de façon presque évanescente. Bref, voici 11 compositions plutôt mélodieuses, voire parfois mélancoliques, produites par Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Alice In Chains), bien loin de leur précédent disque un peu expérimental et plaintif, Saturday night wrist, sorti en 2006. Ce mélange judicieux, à la fois lent et violent mais néanmoins énergique qui ouvrait une brèche dans le rock somnolant, a valu à ce quintet américain une consécration rapide, et ce nouvel album de rock ne déroge pas à cette règle. Les textes du chanteur restent pourtant toujours aussi imagés et insondables que sur leurs dernières galettes. Si vous aussi vous aimez le metal au goût sauvage et revigorant, capable de se démarquer de la concurrence et suffisamment maîtrisé pour ne pas écorcher vos oreilles sensibles et délicates, enrobé de titres d’une grande beauté émotionnelle et chargé de vulnérabilité, les Deftones, dignes représentants de la nouvelle génération rock de ce type, vous emballeront à coup sûr !
C.LB
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