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Fatal

Sortie  le  16/06/2010  

De Michaël Youn avec Michaël Youn, Stéphane Rousseau, Isabelle Funaro, Armelle, Jean Benguigui, Catherine Allegret, Fabrice Eboue, Vincent Desagnat, Jérôme Le Banner, Ary Abittan et Reem Kherici


Fatal….c’est Fatal Bazooka, un rappeur bling-bling et hardcore. En fait, un personnage de sketch créé par Michaël Youn dans son show-télé Morning Live, puis développé dans l’album T’as vu, vendu à plus de 500.000 exemplaires. Le film Fatal raconte ce que serait devenu ce rappeur s’il en avait vendu…15 millions !
Fatal est désormais une énorme star. Des millions de fans, des dizaines de tubes, 4 Music Awards de la Musique du meilleur artiste de l’année, une ligne de vêtements, un magazine et prochainement l’ouverture de son propre parc d’attraction Fataland. Il est le n°1 incontesté.
En apparence tout va bien….mais en réalité, Fatal ne sait plus où il va, parce qu’il ne sait plus d’où il vient : de puis ses débuts, il fait croire qu’il a grandi dans le ghetto…alors qu’en fait, il est né dans un petit village de Savoie, en plein cœur des Alpes. Mais on ne peut pas être un « gangsta » quand on est un fils de bergers de Savoie, alors Fatal a préféré cacher ses origines et oublier son passé….


Peut-on (presque) tout se permettre, au cinéma comme ailleurs, quand on s’appelle Michaël Youn et qu’on le revendique assez souvent haut et fort ? Apparemment oui, puisque le nouveau défi qu’il lance sur les écrans, celui d’être tour à tour devant et derrière la caméra, contient tous les ingrédients qui pourraient lui permettre de devenir, voire de rester la star provocante qu’il est, bien asurée auprès des jeunes fans et plus spécialement des ados, tant sa nouvelle production est un concentré de parodies d’assez mauvais goût, d’une certaine vulgarité et même d’un peu trash !
Comment ne pas offrir à son public chéri (mais averti !) autrement que ce qu’il aime, ce qu’il adore et ce qu’il espère voir en images ? Autrement formulé, un festival de sa propre personne, celle de l’univers de Michaël Youn ou plutôt l’adaptation travestie de Fatal Bazooka, un rappeur mégalo qui apparaît sous quasiment toutes les coutures (à poil donc !), à grands renforts de mimiques en tout genre (sourires et expressions débiles qu’il offre d’ailleurs à profusion – voir la photo ci-dessus - !), de gags à gogo sur fond d’humour gras au ras du slip et de vannes régressives lancées du tac-au-tac (pour plaire à tous les « d’jeunes » !), de gros mots bien percutants (histoire de choquer comme il se doit !), de musiques rap aux textes quelque peu bêtifiants (il recycle au passage son tube Fous ta cagoule !), d’images syncopées sous la forme d’un (très) long clip plutôt frénétique pour ne pas dire épileptique, et bien sûr de clichés outrageusement caricaturaux et détournés sur le monde du showbiz (et plus particulièrement celui du hip-hop contre celui de l’electro, style musical emblématique des années 2000 !). Bref, cela doit être et sera Fatal(ement) exagéré, drôle mais forcément grossier à tout bout de champ, rythmé mais souvent en dents de scie, émouvant mais bien évidemment excessif et ringard par certains côtés (notamment le fameux mea culpa final !).
C’est qu’en réalité, ce roi de la démesure n’est à priori pas méchant, voire même souvent drôle et percutant quand il cherche à ratisser, pardon, séduire large parmi les différents genres de spectateurs. Si le début très « branché racaille » est destiné plus aux « geeks », la suite « bucolique » peut attirer un public dit familial, d’autant que son chemin vers la déchéance comme celui vers la rédemption font mouche à tous les coups. Epaulé par une pléiade d’acteurs assez représentatifs (Armelle en Heidi des montagnes plus vraie que nature ; Stéphane Rousseau en chanteur concurrent, déguisé en Iggy Pop avec une crête de punk sur la tête et parlant un peu comme Jean-Claude Van Damme ; Catherine Allegret en mère Lafondue avec l’accent patois en prime ; Jean Benguigui en producteur véreux qui s’est fait le look adéquat), Michaël Youn s’en sort plutôt bien, oscillant parfaitement entre la star horripilante, véritable tête à claques, et le petit garçon qui retrouve son enfance dans les vertes pâturages.
Qu’on l’apprécie ou pas, ce trublion, qui n’a pas (trop) de limite, est loin de n’être qu’un simple « crétin des alpes » lâché dans un « jeu de quilles » cinématographique tout à sa gloire (certes naissante mais persistante), réussissant à rendre cette comédie calibrée bien déjantée (et au demeurant fort hilarante par moment !), aussi savoureuse et touchante que possible. Le « Borat » ou le « Brüno » (alias Sacha Baron Cohen) à la française semble se rapprocher à grands pas !

C.LB



 
 
 
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