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Robin des Bois

Sortie  le  12/05/2010  

De Ridley Scott avec Russel Crowe, Cate Blanchett, William Hurt, Mark Strong, Mark Addy, Oscar Isaac, Danny Huston, Eileen Atkins, Léa Seydoux, Jonathan Zaccaï et Max Von Sydow


A l’aube du 13ème siècle, Robin Longstride, humble archer au service de la Couronne d’Angleterre, assiste en Normandie à la mort de son monarque, Richard Cœur de Lion, tout juste rentré de la 3ème Croisade et venu défendre son royaume contre les Français.
De retour en Angleterre et alors que le prince Jean, frère cadet de Richard et aussi inepte à gouverner qu’obnubilé par son enrichissement personnel, prend possession du trône, Robin se rend à Nottingham où il découvre l’étendue de la corruption qui ronge son pays. Il se heurte au despotique shérif du comté, mais trouve une alliée et une amante en la personne de la belle et impétueuse Lady Marianne, qui avait quelques raisons de douter des motifs et de l’identité de ce croisé venu des bois.
Robin entre en résistance et rallie à sa cause une petite bande de marauders dont les prouesses de combat n’ont d’égal que le goût pour les plaisirs de la vie. Ensemble, ils vont s’efforcer de soulager un peuple opprimé et pressuré sans merci, de ramener la justice en Angleterre et de restaurer la gloire d’un royaume menacé par la guerre civile.
Brigand pour les uns, héros pour les autres, la légende de « Robin des Bois » est née.


Rien de mieux qu’un bon gros film de cap(uche) et d’épée (bien lourde) pour ouvrir le 63ème festival de Cannes, surtout s’il s’agit du mythique Robin des Bois revu et corrigé ! On connaissait plusieurs versions : l’originale de 1922 avec Douglas Fairbanks (Robin Hood), celle de 1938 avec Errol Flynn (Les aventures de Robin des bois), celle de 1976 avec Sean Connery (La rose et la flèche), et le remake plus récent de 1991 avec Kevin Costner (Robin des bois, prince des voleurs, réalisé par Kevin Reynolds). Il faudra dorénavant compter sur la version, certes différente mais toute aussi palpitante, de Ridley Scott, qui sort quelque peu des sentiers battus et des clichés habituels, style ballades en liane, poursuites en forêt, ripailles en bonne et due forme et collants vertes en prime : nous avons à faire à l’origine comme aux sources du brave et honnête Robin avec, en fond, le spectre d’une invasion française se profilant (donc, bien avant son « camping » forcé dans la forêt de Nottingham !).
On sait que le réalisateur est à la fois un grand habitué de destinées héroïques et aussi un grand amateur de fresques épiques, depuis déjà son premier film, Les duellistes (qui se déroulait pendant les guerres napoléoniennes), puis 1492 : Christophe Colomb (au moment de la découverte du Nouveau Monde), ensuite l’incontournable péplum Gladiator (au début de notre ère) et bien sûr Kingdom of heaven (au moyen-âge pendant les croisades et la chute de Jérusalem) - d’ailleurs, à ce sujet, il est à nouveau question ici de croisade mais très en filigramme ! Ce qui n’a pas empêché Ridley Scott de reprendre le même comédien que celui découvert 10 ans plus tôt dans Gladiator (présent ensuite dans Une grande année, Mensonges d’état et American gangster), production imposante et fort réussie (récompensée par 2 Oscars : celui du meilleur film et celui du meilleur acteur), histoire de tenter de réitérer le succès phénoménal de ce dernier au box-office international.
Bien lui en a pris car cet hymne au grand film d’époque et d’aventures, qui se déroule en pleine nature, est d’une phénoménale splendeur et d’une incroyable efficacité, passant sans problème ni encombre de scènes d’action impressionnantes (ces fameuses batailles avec des combats musclés, quelque peu « crades » mais sans concession, qu’il filme dans la mêlée, au plus près des guerriers) à des prises de vues vertigineuses et des décors réalistes autour d’une reconstitution des plus minutieuses qui soit (jusque dans les moindres détails et notamment ceux des bateaux de l’époque, ancètres des péniches de débarquement de la 2ème guerre mondiale…!!), le tout sur fond de belles valeurs morales telles que le courage, l’audace et la loyauté. Car il en faut pour que notre héros Robin devienne célèbre, du moins aussi illustre que Maximus, le gladiateur qu’il incarnait précédemment ! Il a toujours la même carrure plutôt vaillante, aussi massive qu’imposante (quelle belle bête au moment d’aller prendre son bain !), au même titre d’ailleurs que son rôle fort vigoureux dans Gladiator. Il est juste un tout petit peu dommage que sa prestation dans cette destinée hors du commun ressemble quasiment trait pour trait à celle-ci, à une période certes différente mais assez similaire question affrontements bien rentre-dedans !
Quoi qu’il en soit, le reste du casting n’est pas en reste, que ce soit Cate Blanchett en veuve à poigne et à caractère, plus proche du garçon manqué que de la soumise recluse en détresse (elle est presque aussi forte et puissante que notre audacieux archer !) ; Mark Strong (aperçu dans Revolver, Syriana, Mensonges d’état et Sherlock Holmes) en sbire impitoyable et traître à la solde des Français, ressemblant beaucoup à Arnold Vosloo (qui jouait le grand prêtre Imhotep dans La momie de Stephen Sommers) ; Oscar Isaac (Che – 1ère partie, Agora et également dans Mensonges d’état) en Prince Jean vil et tyrannique qui s’accommode autant des charmes d’Isabelle d’Angoulême – future reine d’Angleterre - (interprétée par Léa Seydoux à la moue boudeuse) que d’opprimer son peuple avec le bouc représentatif des méchants (Alan Rickman, le shérif de Nottingham, portait la même dans Prince des voleurs !) ; et Kevin Durand (vu dans Mise à prix, 3h10 pour Yuma avec…Russell Crowe, Légion, X-Men origins : Wolverine) en Petit Jean, « joyeux compagnon » plutôt costaud, pas loin de l’acteur The Rock pour ce qui est du gabarit robuste (115 kg tout de même !).
Bref, on se laisse prendre au jeu de cette flamboyante et époustouflante fable intemporelle à gros budget (et ça se voit à l’écran !) et à l’approche nouvelle, pleine d’originalité, de suspense, d’intensité, de rythme et d’une certaine sauvagerie, même si au détour de quelques plans, on se laisse aller à sourire (Lady Marianne en cotte de mailles et casque à visière !), voire à rire (un débarquement final qui ressemble à celui de Normandie en 1945 !), et même à s’interroger (personne ne pense à lui réclamer le cheval blanc qu’il a volé à son défunt monarque !).
Mais que serait cet « avant Robin » sans quelques petits dérapages ni autres invraisemblances « historiques », une façon comme une autre de pimenter « honnêtement » la vie de cet éternel symbole de liberté, légende durable et héros de tous les temps ?

C.LB



 
 
 
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