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Les meilleurs amis du monde
Sortie
le 09/06/2010
De Julien Rambaldi avec Marc Lavoine, Pierre-François Martin-Laval, Léa Drucker et Pascale Arbillot (photo : 2010 Karé Productions/Gaumont)
Un week-end au vert avec vos meilleurs amis. Ceux qui vous aiment vraiment. Ceux en qui vous avez une confiance absolue. Ceux qui vous comprennent et vous disent toujours la vérité. Et surtout, ceux qui vous pourrissent sans savoir qu’ils ont appuyé sur la touche rappel de leur téléphone…
Ah l’amitié, on sait plus ou moins lorsqu’elle commence, on ne sait jamais quand et comment elle peut finir ! C’est là tout le speech de cette comédie bien franchouillarde dans toute sa splendeur qui met face à face une famille de ploucs contre une autre tout aussi beauf que la première. Pas une pour rattraper l’autre, que ce soit celle de loser, quelque peu lunaire, effacée et casse-couille patentée avec une femme plutôt cool et expansive mais mal fagotée et surtout aigrie, ou alors que ce soit celle qui se la joue nouveau riche prétentieuse avec une épouse modèle à la fois bête, coincée et maniaque. C’est à celle qui sera piétinée et humiliée, bref, qui bavera sur ses amis et tentera de les faire souffrir le plus ! Et dans cette guerre-guerre de mœurs revisités où tous les coups sont permis, les critiques fussent : chacun en prend pour son grade et personne n’y échappera ! Le hic dans toute cette histoire, c’est que le scénario n’est pas très nouveau, la caricature outrancière d’une certaine France profonde ayant comme il se doit été déjà soulignée maintes fois au cinéma ; que les personnages sont ridiculement appuyés, voire de façon grotesques (Marc Lavoine en blaireau avec la moustache de macho et la tenue sportswear en prime ; Pascale Arbillot – vue dans L’extraterrestre, Parlez-moi de la pluie et Coco - en sainte-nitouche bien propre sur elle et le brushing en forme de casque rigide à la Sylvie Vartan en sup) ; et que les situations sont prévisibles d’avance, molles, sans saveur, lourdes la plupart du temps et même pas drôles. Car c’est bien ça le problème, c’est que cette peinture sociale, sur fond de remise en cause du couple qui bat de l’aile, ne sait pas très bien sur quel pied danser : si elle doit osciller du côté en rire, c’est-à-dire comique, ou bien du côté en pleurer, soit dramatique. Entre le règlement de compte où il faut se venger en bousillant tout (on salit, on détruit et on casse dans la complicité la plus totale), et la thérapie du couple en (petit) groupe où il faut jouer à fond la carte de la tendresse émotionnelle, de la psychologie de comptoir et de la morale à 2 balles (avec, comme cerise sur le gâteau, le déballage final lorsqu’ils renouent entre eux grâce aux crasses faites auparavant qui leur ont permis d’ouvrir un peu les yeux sur la réalité ambiante), ça sonne faux, au moins aussi faux cul que la plupart de leurs pensées comme de leurs dires. Bref, il n’y a pas assez d’effet de surprise (on sait pertinemment ce qui va arriver), ni de réparties subtiles (on a le droit à des phrases du style « les cons engendrent des cons ») et encore moins de monde présent à l’écran (même l’intervention des 2 frères, très cruels et imbus de leur personne, ne suffit pas) pour que ce soit enlevé, soutenu, plaisant, en un mot, du tac-au-tac pour ne pas dire « pas aussi profond que ses chiottes ! ». Tout est tellement exagéré et mal joué que ça en devient pénible à la fin. Seuls la maison high-tech très bunker moderne (avec piscine) et le lama comme chien de garde (un « gadget » supplémentaire) valent légèrement le détour. En résumé, voilà une gentille satire familiale très cheap sur une bande de tocards qui plaira en DVD un soir de programmes très pauvres à la télé ! C’est qu’avoir des « goûts de chiottes » n’est pas donné à tout le monde….
C.LB
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