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Les femmes de mes amis

Sortie  le  05/05/2010  

De Hong Sang-soo avec Kim Tae-woo, Ko Hyun-jung et Uhm Ji-won


Encore méconnu, pas assez riche et désespérant d’y changer quoique ce soit à l’âge de 40 ans, Ku Kyung-nam ne peut plus échapper à l’étiquette de « réalisateur art et essai ». lorsque le Festival de Jecheon le sollicite pour être membre de son jury, il accepte avec une idée derrière la tête : peut-être y fera-t-il des rencontres ? Mais il s’endort tous les jours devant des films inintéressants, et passe ses nuits à boire en compagnie de festivaliers aussi ennuyés que lui. Il pense pourtant avoir trouvé l’âme sœur mais ce n’est qu’un rêve qui tournera à l’humiliation.
12 jours plus tard, Ku Kyung-nam se rend sur l’île de Jeju pour donner une conférence, à la demande de son ancienne école de cinéma. Devant quelques étudiants, il raconte sa carrière mais plus il s’anime, plus son auditoire semble indifférent. Le directeur l’entraîne ensuite au restaurant où leur ancien professeur, devenu un peintre renommé, les rejoint. Le vieil artiste s’est remarié et sa jeune épouse n’est autre que l’amour de jeunesse de Ku Kyung-nam, qui lui écrit bientôt : « j’aimerais savoir si nous pourrions être plus qu’amis ». Ku Kyung-nam décide de vérifier la chose….
Tout le monde s’accorde à dire que c’est un été à la chaleure meurtrière.


Les films coréens (du Sud) ont beau se suivre assez régulièrement, certains fort heureusement ne se ressemblent pas ! La preuve, cette comédie satirique qui décrit quelque peu le milieu du cinéma à travers les pérégrinations oh combien désastreuses d’un jeune réalisateur en mal autant de reconnaissance que d’amour. A première vue, on dirait presque une caricature éhontée de la profession de cinéaste (ou plutôt ici de juré comme de conférencier), tant on nous dépeint l’envers du décor de façon plutôt critique, cynique, drôle et finalement assez réaliste.
Il faut préciser que notre héros, particulièrement gentil, poli pour ne pas dire extrêment affable, n’en loupe pas une pour se retrouver à chaque fois dans des situations qui dérapent, déplacées, anachroniques, absurdes et iconoclastes, voire même équivoques et au final catastrophiques. Qu’il soit invité dans un festival ou qu’il se retrouve chez son ancien professeur, ça finit toujours dans la déconfiture la plus complète. Et ce n’est pas faute de passer son temps à se congratuler à grand renfort de salamalèques, à se complimenter les uns les autres avec excès, et aussi à fumer et à boire à la manière asiatique (avec moults inclinations du buste, distributions de cartes de visite, et descentes de bouteilles alcoolisées comme de paquets de cigarettes), mais le « pauvre » manque de respect vis-à-vis de tout le monde surtout le genre féminin (il est vraiment bête en amour !), ayant toujours une petite phrase qui blesse ou bien une subite réaction qui mette les autres dans l’embarras. Allez comprendre après cela la nature humaine !
Bref, ce « célèbre » réalisateur constamment sollicité et à la recherche d’un peu d’espoir (également d’honneur et de gloire !), aussi suave que défassé et aussi gêné qu’irresponsable, qui se comporte en fait comme un gosse, n’en finit pas de se ramasser partout où il passe tel un parasite malvenu. Les uns comme les autres ont des réactions souvent bizarres, tour à tour nerveuses et surexcitées (spécialement la programmatrice du festival cassante et très à fleur de peau – et pour cause !), prétentieuses et ivrognes (tous sans exception, femmes comprise !). Et tout cela se déroule à grands coups de beuveries avec des assoiffés constamment « bourrés » (la moitié du film se passe autour d’une table avec des assiettes et des verres toujours bien remplies), de dialogues assez bavards (ils essayent de s’excuser à tout de champ, pour un oui ou pour un non), et de lenteurs comme de longueurs narratives (cela dure plus de 2 heures avec des palabres et des scènes qui parfois n’en finissent pas).
Cette réalisation à contre-pied et très pince-sans-rire, qui utilise la haute définition tout en feignant par moment une certaine forme de paresse autant narrative que visuelle, est néanmoins une bonne surprise de la part de son metteur en scène Hong Sang-soo qui signe ici son 9ème film (après Le pouvoir de la province de Kangwon ; Turning gate ; La femme est l’avenir de l’homme ; Conte de cinéma ; Woman on the beach ; Night and day). En résumé, tournage léger, petit budget et scènes ordinaires ne veulent pas forcément dire scénario lourd, manque de moyens et peu d’intérêt, loin de là !

C.LB



 
 
 
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