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Jeff Beck : Emotion & commotion

le  12/04/2010   chez WEA





C’est mathématique mais indéniable, guitare électrique = Jeff Beck ! Quelquesoit la forme ou le style musical que vous recherchez, cet homme-là l’a forcément joué ou l’a peut-être même inventé. Et il semble qu’il ne soit pas près à s’arrêter de si bonne heure et en si bon chemin depuis plus de 40 ans qu’il officie pour la musique ! Ce guitariste légendaire (souvenez-vous des Yardbirds au milieu des années 60 ?), qui a joué avec presque tout le monde et dans tous les genres existants (du hard rock au jazz fusion en passant par le rockabilly et la techno – notamment sur You had it coming, sorti en 2001), continue ses expériences en solo avec une musique dite moderne, voire parfois avant-gardiste, car ce musicien britannique aux multiples albums couronnés d’or, se passionne pour la nature des sons.
Ce nouvel album, le premier enregistré studio depuis 7 ans, ne déroge pas à la règle où il revisite certains standards, voire des « classiques » à sa propre sauce particulièrement harmonieuse. Quasiment instrumental, il assemble sur son jeu de guitare si caractéristique (sa fameuse Stratocaster), des ambiances toutes en douceur, en réserve et en délicatesse (le court Corpus christi carol dans une interprétation assez lente ; le coulant Somewhere over the rainbow, tiré du Magicien d’Oz, un peu plus larmoyant que l’original ; l’exercice de style Serene très bande FM ; l’aria Nessun dorma de Puccini revu et corrigé mais sans voix), toutes en interprétation nuancée, profonde et de toute beauté (I put a spell on you avec la belle voix si caractéristique de l’anglaise Joss Stone - un mélange impressionnant de Janis Joplin dans sa façon de faire vibrer les textes, et de Tina Turner, époque Ike & Tina Turner, dans sa manière d’interpréter la vraie soul des artistes blacks – également présente sur le splendide There’s no other me ; le lancinant Lilac wine, avec la voix d’Imelda May un peu jazzy ; l’alangui Elegy for dunkirk, tiré du film Atonement, au timbre haut perché). Pas vraiment expérimental (grâce à quelques overdubs) mais plutôt « on the road » et assez inventif, ce disque comporte notamment une pédale wah-wah comme sur le cadencé Hammerhead (avec une section rythmique de cuivres), et des rythmes exotiques tel que le langoureux Never alone.
Jeff Beck parvient à tirer tellement d’éléments sonores de son instrument qu’il reste toujours un maître entouré de mystères et un modèle pour tous les guitaristes du monde entier. S’il a été le premier guitariste de rock à utiliser la distorsion et des riffs bourdonnants à influence orientale, et le premier à généraliser l'utilisation du talk-box, que va-t-il nous préparer pour les prochaînes années à venir ? Patientez et, en attendant, écoutez cet opus magistral, produit par les célèbres Steve Lipson et Trevor Horn…..

C.LB



 
 
 
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