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LaFille : Tout attaché(e)

le  10/05/2010   chez Volvox music





Cheveux courts et moue quelque peu boudeuse, ce joli brin de fille qui se regarde dans un petit miroir tel un mannequin, c’est justement LaFille mais alors quelle fille ! Capable de dire tout de go dans une de ses chansons, « je vais t’offrir mon cul » et « on va baiser ! », ce n’est pas donné à tout le monde de parler ainsi, loin de là, d’autant que cette jeune chanteuse audacieuse et abrupte n’y va pas par 4 chemins pour parler d’extrême, de sexe et de « normalité » comme de sa rage et de ses douleurs dans ses compositions élégantes.
En effet, cette auteure et interprète surprenante, au timbre pénétrant, presque félin, parfois criard et parfois susurré, sans minauder d’aucune manière, ainsi qu’au langage sans tabou, aussi osé qu’inattendu, va sans aucun doute bousculer un peu les conventions, mettre certaines personnes dans une position inconfortable (c’est le cas de le préciser !) et déranger peut-être les âmes bien pensantes en fredonnant ses ballades underground plutôt subversives entre indie et expérimental – punk (le saccadé I wanna be your cat à la Stooges harmonieux), rock (Que je me souvienne au timbre modulable), pop (Le mâle appétit à la guitare électrique ; le mélancolique J’ai rencontré quelqu’un qui te ressemble genre comptine au piano seul ; Lafille tout attaché(e) au rythme syncopé) et electro (le cristallin Mademoiselle B aussi planante qu’ondulante, tout comme Insecure avec des riffs de guitares chatoyants) -, de sa belle petite voix sensuelle, tour à tour douce et puissante, voire parfois vociférante, mais elle a le mérite de le crier haut et fort sur quelques-uns des morceaux de son tout premier album. Ca promet mais n’est pas enfant de Gainsbourg qui veut !
Que ce soit le direct Dans mon appartement au texte on ne peut plus explicite, l’enjôleur Ceci est mon corps sur fond de vengeance quasi-liturgique, le planant Je suis méchante ou encore le mélodieux Aujourd’hui j’me lave pas aux paroles certes provocantes mais jubilatoires, LaFille, toute honnête qu’elle soit, ne fait que chanter tout haut ce que l’on pense tout bas, sans chercher à vouloir choquer à tout prix. Mais la (et sa) vie est faite comme çà, avec ces moments hirsutes et ébourifants, son style mordant et sarcastique, ses rythmes décapants et libérateurs !
Tout porte à croire que cette (La)Fille-là va brouiller les pistes, histoire de s’installer durablement dans un créneau malicieux si ce n’est porteur, celui oh combien iconoclaste de Brigitte Fontaine et même des Rita Mitsouko, car il faut bien que la « brillante » jeunesse actuelle, héritière d’un héritage riche en jeux de mots, continue à porter haut le drapeau déglingué de leurs illustres aîné(e)s. Bref, LaFille nous fait irrémédiablement penser à ces artistes, à la fois espiègles et évanescentes, qui interprétaient en son temps des titres gais, sautillants et légers, souvent d’ailleurs sans comprendre vraiment le contenu des textes qu’elles interprétaient (souvenez-vous de France Gall avec Les sucettes à l’anis !).
Raison de plus pour aller voir ce phénomène en concert à Paris le 21 septembre prochain à La Maroquinerie….

C.LB



 
 
 
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