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My name is Khan
Sortie
le 26/05/2010
De Karan Johar avec Shah Ruhk Khan, Kajol, Katie Amanda Keane, Kenton Duty, Benny Nieves et Christopher B.Duncan
Rizvan Khan est un enfant musulman né en Inde et atteint d’une forme d’autisme. Devenu adulte, il tombe éperdument amoureux de la belle Mandira, une mère célibataire hindoue avec qui il se marie. Le couple part s’installer à San Francisco. A la suite du 11 septembre, alors que sa famille implose et que dans la paranoïa ambiante, son handicap le rend suspect, Khan va se retrouver accuser d’être un terroriste. Décidé à rencontrer le Président des Etats-Unis pour clamer son innocence et retrouver celle qu’il aime plus que tout, Khan entame un incroyable voyage. Exemple malgré lui d’une réalité qui dérange mais porteur d’un message de paix et d’amour, Khan va bouleverser la vie de ceux qui vont croiser sa route. Personne n’oubliera son nom…
Combien de subterfuges scéniques peut-on utiliser pour réaliser un film, et combien de raccourcis narratifs peut-on employer pour raconter une histoire, quitte à (re)copier quelques grands passages tirés de longs métrages américains à succès ? Il est certain que Rain man et Forrest Gump ont été ici arrangé à la sauce indienne, dite « shaki korma », c’est-à-dire bien épaisse, très onctueuse et fort sucrée mais, au final, un peu lourde à digérer ! Les belles valeurs particulièrement appuyées, dégoulinantes de bons sentiments pour le moins exacerbés, sont ici légions, dépeints à chaque plan d’une manière éhontée, exagérée, voire excessive tel que le cinémea indien aime si bien le souligner dans ses nombreuses productions bollywoodiennes. Le jeu des acteurs qui en font des tonnes, les regards qui en disent longs, les ralentis aux moments soi-disant cruciaux, la musique omniprésente pour ne pas dire envahissante, et la danse, certes furtive (uniquement pendant le mariage) mais néanmoins présente, sont de rigueur, limite redondants, dans cette réalisation ambitieuse de l’indien Karan Johar (New York masala), tournée quasiment qu’aux USA avec pratiquement que des acteurs indiens. L’une des stars les plus populaires du cinéma indien, Shah Rukh Khan (vu notamment dans Devdas, sorti en France en 2003), en est la vedette principale, interprétant un autiste atteint du syndrome d’Asperger d’une façon plutôt mécanique tel un robot quelque peu synchronisé. Quant à sa belle partenaire, Kajol (aperçue entre autre dans La famille indienne en 2001), elle est le clône parfait de Aishwarya Rai, ex-miss univers présente également dans Devdas, faisant des yeux ronds au moindre étonnement de sa part, souriant à tout bout de champ face à la caméra et riant aux éclats pour un rien. Bref, vous l’aurez vite compris, nous sommes dans une aventure épique plus ou moins rocambolesque, mi joyeuse et mi dramatique, certes quelque peu mouvementée mais néanmoins pleine d’amour, qu’affectionne tout spécialement le public indien, friand de codes pré-établis : vies sublimées (« construire une vie heureuse et aller vivre aux USA ! »), visions enchanteresses (caricature d’une existence rêvée à l’américaine), images d’Epinal (tous dans l’eau débarquant pendant un ouragan pour voir la « légende » tel le messie, pardon, le prophète dans une église qui s’écroule de toutes parts), et points de vue ultra positifs (un Islam modéré – avec un cours en prime – jusqu’à faire arrêter des « méchants », des fondamentalistes sur le point de perpétrer un attentat). Il faut que ça se déroule agréablement et avec le sourire (on chante du gospel pour célébrer la mort de jeunes soldats en Irak), et que ça finisse (toujours) bien, en « happy end », sur fond de fête, de bonne humeur et de joie retrouvées. Vous en aurez certes pour votre argent mais autant vous prévenir tout de suite : si vous ne craquez pas avant les 2h40 que dure cette espèce de conte de fées pro-musulman, aussi maniéré que chargé et sirupeux à souhait, c’est que vous avez une mentalité à l’oriental qui fonctionne comme celle des indiens, et que vous aimez ce type de scénario profondément gentillet et douceâtre au possible, agaçant et grotesque par moment, où vous connaissez déjà la réussite de l’entreprise (un chemin de croix croquignolet jusqu’au président !) avant la fin !
C.LB
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