| |
Tok Tok Tok : Revolution 69
le 25/05/2010
chez
BHM/ZYX music
C’est vrai que depuis le temps, on pourrait facilement assimiler ce groupe, avec un nom pareil, à celui d’une formation ethnique proposant une musique dite world, et plus particulièrement d’origine africaine. Or, il n’en est rien puisque Tok Tok Tok sévit dans le monde du jazz outre-Rhin depuis 1998 et qu’il propose une musique au rythme tout à fait digne de ce nom. Peu connu du grand public européen mais déjà récompensé en 2005 par un German Jazz Award après 2 albums à succès, It took so long en 2003 et About en 2005, ce groupe de jazz est dans la mouvance actuelle avec une chanteuse à forte présence vocale tel que le sont Norah Jones et Joss Stone actuellement. En effet, le timbre envoûtant et clair de la chanteuse d'origine nigérienne, Tokunbo - d’où le Tok répété 3 fois - Akinro, est assez ensorcelant et velouté que celui de ses consoeurs, capable de nous faire chavirer tous nos sens grâce à son phrasé grave et séduisant, ainsi que sa voix présente et mélodieuse à souhait. Accompagnée par Morten Klein, sax ténor et percussionniste, elle nous subjugue par son aisance à installer une ambiance avec seulement son ton de voix puissant, quelques instruments aux sonorités épurées et des arrangements quasi minimalistes. C’est ce que l’on peut remarquer avec ce 10ème opus studio, à nouveau uniquement composé de reprises du répertoire pop et rock mais en version jazz, souvent très proche de l’original, comme l’était déjà I wish sorti en 2005. Encore 16 titres compilés plus ou moins standards mais provenant cette fois seulement d’une seule formation, les Beatles, tour à tour à la manière jazz et soul, qu’ils soient restituées presque à l’identique ou bien qu’ils soient réarrangées pour l’occasion. En réalité, il y a un peu de tout ici, autant des ambiances douces, lentes et épurées (Blackbird avec une clarinette en goguette ; Dear prudence assez mélancolique ; Lady Madonna plutôt lancinante ; Being for the benefit of Mr.Kitel avec de beaux chœurs ; She’s leaving home presque a cappella ; Help ! très posée avec un break au sax), voire feutrées et sourdes (We can work it out avec un break à l’orgue façon vintage) ou planantes et évanescentes (Révolution), que des rythmes légers (I’ll follow the sun), entraînants et chaloupés (Run for your life), sautillants et saccadés (Taxman ; Workin’day and night - la seule composition bonus qui est de Michael Jackson - avec un sax en folie), pour ne pas dire ludiques (Get back aux arrangements espiègles), électroniques (Why don’t we do it in the road ?) et même mécaniques (I will un peu rigide et froid). Si le timbre vocal peut sembler parfois tristounet (Dear prudence), sans nuance (I will), lymphatique et désabusé (Run for your life), il ne faut pas pour autant se désintéressé de cet hommage groovy et bluesy aux années 60 et 70 qui restitue avec respect et qualité l’esprit et le son des originaux de cette époque. Voilà donc un groupe qui gagnerait à devenir célèbre et à remporter le succès qu’il mérite de notre côté du Rhin !
C.LB
|