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Boire, fumer et conduire vite (jusqu'au 31 décembre)

le  27/12/2011   au Bataclan, 50 bld Voltaire 75011 Paris (du 27 au 31/12 à 21h)

Mise en scène de Marion Sarraut avec Vanessa Demouy, David Brécourt, Philippe Lellouche et Christian Vadim écrit par Philippe Lellouche




Voilà un titre qui en dit long sur les bonnes, pardon, les mauvaises habitudes à ne surtout pas prendre ! En pourtant, c’est justement ce que viennent de commettre 3 fringants quarantenaires qui se retrouvent en détention provisoire le temps d’être jugés, dans la cellule d’un commissariat, chacun ayant « perpétré » l’une de ces infractions le soir de la Saint Sylvestre. En attendant qu’un avocat commis d’office arrive pour les défendre, ils y vont l’un après l’autre de leur petite phrase sur les injustices existantes, les interdits à ne pas enfreindre et les sanctions qu’ils peuvent encourir en pareil cas, bref, les inégalités et les régimes de faveur existants.
Tel est le pitch de cette pièce écrite par Philippe Lellouche, déjà auteur et comédien des 2 fameux Jeu de la vérité, succès mérité autant au théâtre de La Renaissance en 2007 qu’au théâtre des Mathurins l’année dernière. A nouveau entouré des 3 mêmes partenaires, présents dans ces 2 précédentes pièces, c’est-à-dire Vanessa Demouy, David Brécourt et Christian Vadim, il énumère avec les autres tout ce qui doit ou pas être pris en considération dans la société dans laquelle ils vivent, le tout dans une grande discussion à bâtons rompus quelque peu nostalgique, quitte à passer parfois pour des révoltés ou des réactionnaires.
Malheureusement, cette prise de conscience plus ou moins engagée tourne vite à la « voix de la raison », à l’énumération pure et simple des bonnes intentions et des sages résolutions à suivre pour que leur sentence à chacun ne soit pas trop lourde de conséquences. Petit à petit, on se retrouve dans une espèce de fourre-tout qui dérape dans l’énumération des interdits, que ce soit, l’alcool, la cigarette, l’excès de vitesse, le permis à point, la prime des fonctionnaires de police mais aussi les femmes, la pub, la politique, l’inégalité sociale, les média et la rédemption. Tout y passe, le problème d’untel, la petite phrase moralisatrice de l’autre, la pensée populaire du 3ème , avec une certaine démagogie outrancière, avant de s’éloigner du sujet dans une dérive et un côté absurde qui prennent le pas sur un coup de théâtre final pour le moins abracadabrant.
On ne s’y serait pas pris autrement pour nous faire un cours de morale, pavé de bons sentiments comme de sages résolutions ! Les 3 rôles masculins, réunis malgré eux en huis clos, ne sont pas assez différents ni très fouillés pour véritablement s’opposer les uns les autres dans leur discours à l’emporte-pièce, s’amusant plus à jouer les redresseurs de tort que l’avocat lui-même, celui étant interprété par une femme. Là-dessus vient se greffer la prestation particulièrement figée de Vanessa Demouy qui plombe l’ambiance par son jeu peu convaincant, voire inexistant, plus en représentation qu’autre chose. Seul Christian Vadim, excellent de bout en bout en alcoolique caustique, tire très honorablement son épingle du jeu, notamment pendant la reconstitution lors de leur interpellation policière !
Bref, cette pièce tragi-comique est un prétexte à juger les contrevenants, à sortir quelques vérités certes mais à donner aussi une bonne leçon de réflexion à tout le monde, et à nous faire réfléchir sur les moyens pour y parvenir, le tout dans une mise en scène qui colle un peu trop à celle des 2 autres spectacles de Philippe Lellouche. En résumé, ce qui s’annonçait plutôt drôle devient d’un seul coup grave, pathétique et caricatural à souhait. Et pourtant, le public semble bien s’amuser, alors, allez savoir si cette forme d’éthique n’y est pour quelque chose !

C.LB



 
 
 
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