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Alice au pays des merveilles (jusqu'au 30 avril)

le  16/02/2011   au théâtre Michel, 38 rue des Mathurins 75008 Paris (le mercredi à 15h30, le samedi à 14h30 et le dimanche à 14h et tous les jours pendant les vacances scolaires à 15h30 sauf samedi à 14h30 et relâche dimanche)

Mise en scène de Freddy Viau avec en alternance Emma Darmon (ou Marie-Béatrice Dardenne), Régis Romele (ou Romain Ogerau), Charles Lelaure (ou Freddy Viau), David Dos Santos (ou Régis Chaussard), Marie-Béatrice Dardenne (ou Laetitia Richard ou Angélique Fridblatt) et la voix de P.Noiret écrit par Lewis Carroll




On le sait, ce chef d’œuvre de Lewis Carroll est une belle invitation à plonger au cœur des rêveries enfantines et de leurs mystères. Encore faut-il que le jeune public y soit quelque peu préparé, du moins connaisse et comprenne certains éléments clés, histoire qu’il ne perde pas pied et encore moins le fil dès le départ. En effet, commencer une telle pièce par une représentation photographique de l’auteur, puis par celle de la fille qui lui a inspiré ce livre sur fond de voix grave et majestueuse du regretté Philippe Noiret comme récitant, n’est pas forcément facile à décrypter pour un enfant dès 4 ans, d’autant que la représentation de la longue chute d’Alice au fond du trou n’est pas non plus d’une clarté évidente pour eux.
Fort heureusement, ce pari certes audacieux mais néanmoins risqué est vite renfloué par une lecture fidèle à l’ouvrage original (qui date tout de même de 1865 !), et par des rendus de mise en scène comme des astuces de décors (la fenêtre sur le jardin merveilleux, les différentes transformations de taille d’Alice, la table inclinée qui tourne sur elle-même), tour à tour inventives et loufoques, au moins aussi folles que les protagonistes présents. Que ce soit la chenille posée sur un champignon, la Grande Duche avec son « adorable bébé », le chapelier sous son drôle de chapeau, les soldats en forme de « cartes à jouer », ou encore la Reine de cœur et son besoin viscéral de couper des têtes, ils sont tous dans une logique extravagante du « non-sens » et du second degré, si typique de la culture anglaise, qui déclenche à la fois émerveillement et drôlerie parmi les spectateurs. D’ailleurs, pas un personnage n’échappe au regard vigilant et attentif des enfants qui prennent un malin plaisir à repérer celui ou celle qui est allé revêtir un nouveau déguisement.
Rendons grâce à cette troupe de comédiens justes, inspirés et opiniâtres, d’avoir eu le nez aussi creux que fin pour dénicher ce conte fantaisiste aussi universel qu’incontournable, que d’ailleurs le célèbre réalisateur Tim Burton vient de tourner avec Johnny Depp. Il faut autant promouvoir qu’applaudir leur excellente initiative d’adapter de façon respectueuse et séduisante quelques-uns des livres de la littérature dite d’imagination (Le roman de renart, et prochainement Les aventures de Tom Sawyer ainsi que Le vilain petit canard) !

C.LB



 
 
 
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