en 
 
 
cinema

 
 

Incognito (sur Ciné + Family)

Sortie  le  07/05/2026  

De Eric Lavaine avec Bénabar, Franck Dubosc, Jocelyn Quivrin, Anne Marivin et Isabelle Nanty (les 07, 24, 26 et 28/05)


Lucas est devenu une superstar en s’étant approprié les chansons d’un ami qu’il croyait disparu. Soudainement, cet ami réapparaît. Lucas, pour lui cacher sa fortune et sa célébrité, commet l’erreur de demander à Francis, un comédien raté, de prendre sa place.

Si 3 lignes suffisent à résumer amplement cette comédie franchouillarde, vous vous doutez bien de la teneur des dialogues, images, situations, intrigue et personnages de ce film qui se veut drôle avant et par-dessus tout. De plus, si Franck Dubosc s’en mêle, il y a fort à parier qu’il va nous ressortir sa panoplie d’expressions faciales habituelles et de sketches soi-disant hilarants, entre mimiques très expressives pour ne pas dire soulignées à outrances, répliques goguenardes, expressément écrites en son honneur, et effets de manches pour donner l’air de. Quant à Bénabar chanteur (à succès), à la rigueur ou pourquoi pas, d’autant qu’il commence à interpréter l’une des chansons du groupe Niagara, avant d’essayer d’imiter, pardon de parodier à la manière de, tour à tour Bashung, Manu Chao et la Nouvelle Chanson Française pour les besoins du film. Mais Bénabar comédien, c’est un peu exagéré, voire fort de café, même si c’est ici son premier rôle à l’écran et s’il doit pour cela être absolument dans la peau d’une célèbre star du rock (un peu trop rapidement et en plus pratiquement du jour au lendemain) de la façon la plus sérieuse et aussi la plus angoissée qui soit, comme un bon fonctionnaire consciencieux, aussi concentré qu’appliqué. On ne peut pas dire qu’il s’y prend avec la tonalité adéquate (le comble pour un musicien !), raide comme un piquet et sans le sens du rythme, avec seulement 2 expressions à son registre. Loin de n’être qu’une caricature de lui-même, il s’autocritique en chanteur raté avec beaucoup (trop) de respect et de condescendance pour être totalement sincère. Crédible, on le veut bien puisqu’il est légitime et raccord en chanteur (quoi de plus normal !), mais acteur, pas encore ! Le pauvre Jocelyn Quivrin a beau donner l’impression d’être junkie/toxico et de porter une crinière ridicule, ce n’est pas facile pour lui de s’imposer, n’ayant qu’une très courte apparition au début et une participation légèrement plus marquée vers la fin.
Toutefois, celui qui vole la vedette à tout ce beau monde, c’est incontestablement Franck Dubosc, le pitre de service en parasite égoïste et squatteur prétentieux, l’idiot noble bien chieur et particulièrement lourdingue, qui n’en loupe pas une jusqu’à en rajouter même, s’octroyant les plus belles réparties (attendues) et les plus gros quiproquos (prévisibles), histoire de dérider l’atmosphère quelque peu plombée par le manque d’humour et de présence évidente des 2 autres. Côté rôles secondaires, Isabelle Nanty s’en sort plutôt bien en « manageuse » hystérique qui pète un plomb (du déjà vu !). Ne parlons pas d’Anne Arivin, quasi-inexistante et mauvaise comme tout, et Pierre Palmade qui ne fait que passer en people night-clubber aux penchants certains.
On a beau essayé d’y croire, enfin, d’adhérer un tant soit peu à cette histoire d’imposture qui vire à la « pantomime » fâcheusement appuyée de la part de chacun d’entre eux et surtout du réalisateur/scénariste Eric Lavaine (souvenez-vous du discutable Poltergay !), on a du mal à accepter cette suite de saynètes revues et corrigées, ainsi que cette narration en voix off très énervante, limite exaspérante (celle de Bénabar), nous racontant point par point toutes les péripéties vaudevillesques de son personnage prisonnier de son mensonge, incapable d’affronter son ami, de dire la vérité et accepter le regard des autres. Bref, comme toute comédie qui se respecte, il y a au moins une morale ou plutôt un happy end de rigueur qui clôture « en beauté » cette grosse farce pas drôle, bien lisse et sans surprise.

C.LB



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique