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Hors piste
le 03/02/2010
au
théâtre Comédie Bastille, 5 rue Nicolas Appert 75011 Paris (du mardi au samedi à 21h, mâtinée samedi à 16h30)
Mise en scène de Eric Delcourt et Dominique Deschamps avec Blandine Bury, Cédric Clodic, Didier Constant, Jean Fornerod, Xavier Lemaitre, Jean-Marie Lhomme, Avy Marchand et Yves Massari écrit par Eric Delcourt
N’allez surtout pas croire que vous allez apprendre quelques rudiments de ski au théâtre, loin de là ! Ce « hors piste » n’est pas un cours de planté de bâtons et encore moins de chasse-neige, mais plutôt une leçon de retrouvailles et de savoir-vivre entre ami(e)s après des années de séparation. Comment se comporter lorsqu’on s’est perdu de vue depuis aussi longtemps et qu’on se réunit tous chez l’un, dans son somptueux chalet à la montagne, en espérant que l’osmose conviviale reviendra comme aux premiers jours ? Pas facile d’oublier quelques rancoeurs passées, certaines histoires d’amour contrariées, des jalousies mal digérées et des réussites plus ou moins bien gérées ! Leur amitié d’antan résistera-t-elle lors de ce week-end improvisé ? Ce groupe d’amis de longue date va en faire la cruelle mais aussi nécessaire expérience pendant 2 jours aussi mouvementés qu’extrêmes, passant de la joie de se revoir des premiers instants à l’ambiance tendue qui va s’annoncer durable, de la surexcitation à la crise de nerfs, entre rapports quelque peu difficiles pour ne pas dire houleux, et plaisir de s’affronter en joutes verbales incessantes, et entre le fait de ressasser des évènements anciens, et les nouvelles péripéties qui débarquent inopinément, le tout sur fond de quiproquos et de règlements de compte pimentés. Ca c’est sûr, personne ne va y échapper, ni le beauf prétentieux et bourré de fric qui se la pète (« moi, je m’amuse en gagnant de l’argent….), ni le paumé acerbe (grandiose), aussi cynique et sarcastique que pauvre et démuni (….et moi, je m’ennuie en n’en gagnant pas ! »), ni l’artiste underground engagée qui cache un lourd secret et qui a quelques révélations à faire, ni le pizzaïolo arriviste (à la bonhomie joyeuse et la tchache éloquente) qui se lance dans la musique à travers sa petite amie « inoffensive » (extraordinaire de naturel), une starlette en herbe aussi ravissante qu’idiote, véritable nunuche de première qui n’a pas inventé l’eau tiède, sans oublier le guide pisteur pas très finaud (« santé…mais pas des pieds ! ») qui n’a de professionnel que le nom (et encore !). On ne s’ennuie pas devant cette avalanche de gags et ce parterre de personnages haut en couleurs, certes « pénibles » mais irrésistibles, très typés et même très soulignés voire trop appuyés pour certains, qui ont tous le profil adéquat pour une adaptation cinématographique à venir. Alors, une nouvelle version plus moderne, téléphone portable oblige, des Bronzés à la montagne ? Peut-être puisque cette comédie parfaitement huilée, bien enlevée et fort jubilatoire, utilise quelques-unes des ficelles employées par l’équipe du Splendid en son temps, comme des réparties incisives qui fusent, des caricatures exacerbées qui font mouche, et des jeux de mots percutants qui atteignent leur cible, celle de faire rire. Avec cette enthousiasme salvateur et cette bonne humeur communicative, la relève est donc assurée avec une réussite sans doute évidente, du moins méritée à la clé, surtout après le triomphe de La sœur du grec, précédent succès d’Eric Delcourt.
C.LB
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