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L'incroyable histoire de la femme pailletée (jusqu’au 31 mars 2027)
le 27/10/2026
au
théâtre des Mathurins, 36 rue des Mathurins 75008 Paris (mardi et mercredi à 21h)
Mise en scène de Stéphane Corbin avec Judith Margolin écrit par Judith Margolin
Paillettes, dans la vie de Judith, tout n’est que paillettes, tout n’est qu’insouciance. A 40 ans, celle qui est plus connue comme DJ sous le nom de Mademoiselle Tremblecul fait danser les fêtards devant ses platines et sous sa boule tango. Tout semble aller pour le mieux : « qu’est-ce que tu veux que je te dise Judith, t’es solaire » dit sa génitrice. Et sa mère de rajouter : « moi, je vis dans un marécage ». Et c’est vrai que le spectateur est aspiré par la bonne humeur de sa bande-son disco survitaminée, par l’énergie communicative de la comédienne revêtue de sa cape rouge et toute brillante de strass. Allers-retours entre sa vie d’aujourd’hui et son enfance, le parcours de Judith défile en anecdotes, ponctués par une galerie de personnages pittoresques, allant de Bernard/totoche, son professeur de conduite à l’auto-école qu’elle fréquente depuis 250 leçons, à Françoise, sorte de gourou sorcière, en passant par Jean-Louis et Chantal, les parents. On pense être là face à un seule-en-scène classique mais il n’en est rien : un alter ego, un Monsieur Loyal (Paul Nouhailler) l’accompagne et offre la réplique, parfois muette en déclinant les différents personnages masculins. Judith a donc 40 ans et une envie d’enfant la saisit brutalement. Rien de plus simple pense-t-elle. Elle a hélas tort et c’est une deuxième partie de spectacle qui s’amorce, celle de son combat pour avoir un enfant avec Félix, son amoureux à lunettes. Et quand on parle de combat, ce n’est pas par hasard puisque la DJette enfile la tenue de boxeuse pour mener un à un les rounds de l’ascension vers la maternité espérée. « Tu penses vraiment que si tu ne te reproduis pas, tu n’existes pas ? » Le combat contre l’infertilité se révèle ardu et Judith doute : « ça fait 10 ans que je rêve d’avoir un enfant ». Pour la première fois, la fête sera douloureuse et, sous l’insouciance obligée de la meneuse de soirée, pointe l’angoisse de la perpétuation, de l’arbre généalogique dont une branche serait brisée. Et Niagara de chanter : « pendant que les champs brûlent ». C’est un spectacle très achevé techniquement que nous propose Judith Margolin, autrice et interprète de ce show réjouissant et profond à la fois. Set-list conçue au cordeau, chorégraphie enthousiasmante, mise en scène dynamique et sensible (signée Stéphane Corbin), c’est un spectacle riche, parfois un peu trop d’ailleurs. Ne choisissant pas entre le rire et les larmes, entre le beat du disco et celui de son cœur, la comédienne met sur scène tous les doutes et toutes les souffrances parfois muettes d’une femme qui pourrait bien lui ressembler. C’est un spectacle parfaitement original dans son écriture et parfaitement sincère que nous propose « l’incroyable histoire de la femme pailletée ». Mais les paillettes sous les spotlights ne ressemblent-elles pas aux larmes ?
Eric Dotter
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