en 
 
 
cinema

 
 

Divorce à la française (jusqu’au 15 janvier 2027)

le  02/10/2026   au théâtre des Nouveautés, 24 boulevard Poissonnière 75009 Paris (du mardi au samedi à 19h et dimanche à 18h30)

Mise en scène de Jean-Louis Benoît avec Caroline Vigneaux écrit par Eliette Abécassis




Un divorce, qu’il soit à la français ou non, est un divorce, avec tout ce que cela peut comporter comme procédures, accusations et jugements, c’est irrémédiable. Celui-ci ne déroge pas à la règle, sauf qu’il est présenté uniquement du point de vue de la femme, de surcroît mère, et qu’il raconte le parcours mouvementé voire chaotique de cette dernière depuis sa rencontre avec son futur mari jusqu’à l’inéluctable final (si vous avez lu le livre de l’auteure, Eliette Abécassis, vous connaissez déjà le fin mot de l’histoire !).
Dès le début de la représentation, on ne sait pas trop sur quel pied danser : est-ce un drame, une comédie, les deux, ou bien un one-woman-show ? En effet, on est surpris de découvrir une femme grimaçante, affairée à déballer des cartons dans ce qui semble être son nouveau chez soi. Au lieu d’avoir une introduction dite classique, c’est-à-dire un déroulé « biographique » normal des faits, on assiste à une sorte de ballet incessant où elle ouvre à peine la bouche si ce n’est pour rouspéter, jurer et crier, le tout sur fond d’une voix off posée et lancinante limite monocorde, des lectures de courriers et des appels téléphoniques répétés auxquels elle répond excédée, ceux de ses enfants, de son avocate et de sa mère. Pendant toute cette première partie, point de révélations ni de concertations, outre une charge massive de la part de sa progéniture à son encontre.
Changement de décor et là voilà qui revient toute pimpante (« j’ai le droit d’être heureuse ! »), prête à nous raconter avec sincérité (la sienne, forcément !) son long combat pour la garde de sa fille et de son fils. C’est à ce moment-là, dans l’attente de la décision du tribunal, que la pièce commence véritablement à prendre son envol, plus entraînante, plus explicative, plus drôle même et, surtout, plus convaincante. Exceptées quelques scènes sans intérêt particulier - celle musicale et celle sur le déclin de la lecture qui n’apportent rien à son discours et font plus office de remplissage qu’autre chose -, on se laisse prendre petit à petit par les différentes situations qu’elle a dû affronter, entre les aléas de comportements dans une vie de couple, les travers et autres méandres de la manipulation des uns envers les autres, ainsi que le parcours de la combattante jusqu’à la séparation.
Le parti-pris choisi, autour d’une seule et unique opinion, celle de l’épouse (elle prêche ici un peu beaucoup dans sa paroisse, d’ailleurs !), ne suffit pas à emporter tous les suffrages malgré une réelle présence sur scène. Caroline Vigneaux, ancienne avocate reconvertie dans le théâtre (on lui doit notamment Il était une fée ; Croque la pomme ; In Vigneaux veritas), a beau être très agréable à regarder, gracieuse, souriante, futile, légère, volubile, bref, féminine, on n’adhère pas complètement à son chagrin intérieur, comme si sa prestation mi-figue mi-raisin, tout en dérobade par moment, enlevait toute chance de croire entièrement à ses « vérités » énoncées. Dommage car le sujet méritait sans (aucun) doute plus de maîtrise, de profondeur et plus d’intensité aux vues d’un sujet épineux jamais simple ni à trancher, ni à résoudre.

C.LB



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique