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Pourquoi les gens qui sèment (jusqu’au 1er novembre)

le  11/09/2026   au théâtre Lepic, 1 avenue Junot 75018 Paris (du mercredi au samedi à 19h et dimanche à 15h)

Mise en scène de Sébastien Bizeau avec Sana Puis, Paul Martin, Matthieu Le Goaster, Nastassia Silve et Gaspard Cuillé écrit par Sébastien Bizeau




A peine assis dans la fort jolie salle du théâtre Lepic, l’action démarre : nous sommes en compagnie de la « dame de l’association » et du préfet, réunis dans un « comité de concertation sur les retenues d’eau de substitution » (comprendre les méga bassines). Argument contre argument, le débat émerge rapidement entre le « fonctionnaire d’obéissance », joué par un comédien ressemblant étrangement à Manuel Valls jeune, et Chloé, la jeune militante. Mais en parallèle à ce débat, il y a une intrigue : les amours de la belle Chloé et d’Antoine. Ils se sont rencontrés étudiants, tous deux militants et chacun a suivi sa voie : Chloé est restée fermement accrochée à ses convictions et continue de militer, parfois en frisant l’illégalité, et Antoine a endossé le strict costume de serviteur de l’autorité : il est devenu préfet. Les voici maintenant adultes en prise avec la vie quotidienne. Entre la libre Chloé et Antoine le corseté, les amours seront-elles encore possibles ?
Entre liberté individuelle proclamée à la désobéissance civile et intérêt affirmé du collectif et de l’Etat, quel choix adopter ? C’est là le nœud de l’intrigue. La pièce, dynamique, est organisée en courtes séquences dans lesquelles quelques accessoires de décors et des comédiens multi rôles rythment l’action. On voit ainsi se dessiner tout un processus d’échanges plus ou moins musclés mettant en jeu une galerie de personnages (ministre, journaliste, syndicaliste agricole) mais aussi le public, au sein duquel se déroule une partie des scènes. Plateau télé, conférence de presse, réunion de collectif militant, le spectateur voit défiler tout le vocabulaire de la lutte écologiste.
Face à la force de caractère de Chloé (l’auteur s’est inspiré du personnage d’Antigone défiant Créon), la violence d’état. Face à la loi et l’intérêt général, le sentiment d’une urgence climatique légitimant la désobéissance. Mais que le spectateur potentiel se rassure, même si c’est parfois naïf, « pourquoi les gens qui sèment » offre un spectacle réjouissant et le public, nombreux le soir de notre venue, célèbre les mots de cette comédie soigneusement cousue de son rire franc et massif. Un exemple de plus, s’il était besoin, de se convaincre que la comédie est « la continuation de la politique par d’autres moyens ».

Eric Dotter



 
 
 
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