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Y’a d’la joie ! (jusqu’au 25 juillet)
le 22/07/2026
au
théâtre La Nouvelle Etincelle, 14 rue des Etudes 84000 Avignon (à 20h)
Mise en scène de Olivier Desbordes avec Anne Barbier, Agnès Bove / Sandrine Moncoudiol, Eric Pérez, Jean-Pierre Descheix, Julien Asselin et Roger Pouly (piano) écrit par Olivier Desbordes
C’est une salle presque entièrement aux cheveux blancs qui peuple les travées de la salle accueillant « Y’a d’la joie ». Au clavier, un musicien qui fut jeune il y a longtemps. Premières notes, lever de rideau du petit théâtre posé en milieu de scène, et nous voici plongé dans l’univers emplumé des cabarets des années 50 : une danseuse prend place, puis une autre vient lui faire concurrence sur l’air de Mistinguett. Les corps sont âgés et sous le maquillage pointe parfois des traces de barbe mais l’enthousiasme est là, portant un public ravi de reconnaitre les vieilles rengaines de son enfance. Le chant est parfois fragile et la voix mal assurée mais le bonheur des artistes est contagieux et l’enchainement de tubes inénarrables autant que douteux provoque l’hilarité générale. Ici, pas de bon ni de mauvais goût, le maquillage outrancier est porté avec panache et la tenue léopard se porte en bannière. On est absolument ahuri devant l’imagination des paroliers et auteurs de tubes inoubliables tels que « Il m’a vue toute nue », « Que c’est beau la tour Eiffel », ou « Je m’aime comme un fou ». Les rimes improbables et souvent connotées font toujours mouche et dérideraient le critique le plus ronchon. Au détour du répertoire, on découvre aussi un bijou, que ne dénierait pas notre époque, « le fils père », transposant ainsi la situation peu enviable de la femme mère sans homme en son équivalent masculin. Avec cette belle troupe menée depuis le clavier par Roger Pouly et en coulisses par le metteur en scène Olivier Desbordes, on est entre Fellini et Cabaret, là où le genre n’a plus d’importance et où seul compte le bonheur du partage. Et si la tolérance passait aussi par le spectacle ?
Eric Dotter
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