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expo : ECLIPSE, Le dessin à travers la photographie au Drawing Lab à Paris (jusqu'au 3 janvier 2027)
le 25/09/2026
au
Drawing Lab, 17 rue de Richelieu 75001 Paris (Tous les jours de 11h à 19h en présence d’un médiateur du mardi au samedi de 11h à 19h (hors jours fériés) - Entrée gratuite
Mise en scène de Anne Favier, commissaire de l'expo avec des photographies et des dessins écrit par ou plutôt créé par Fabienne Ballandras, Léa Belooussovitch, Mireille Blanc, Nicolas Daubanes, Jean Olivier Hucleux, Éric Manigaud, Célia Muller, Daphné Nan Le Sergent, Pascal Navarro et Jérémie Setton
À l’occasion du Bicentenaire de la Photographie, l’exposition collective Éclipse explore au Drawing Lab - laboratoire d’expérimentation et de diffusion du dessin contemporain situé au 17 rue de Richelieu, 75001 Paris - les liens entre photographie et dessin. Entre mises au point graphiques, brouillages perceptifs et dispositifs photosensibles, le dessin, dans toutes ses dimensions, se révèle à l’ombre de la photographie et dévoile sa matérialité, ses usages, autant que les processus d’apparition de l’image. L’exposition réunit des pièces emblématiques, des oeuvres récentes et des installations interactives inédites. Avec les oeuvres de Fabienne Ballandras, Léa Belooussovitch, Mireille Blanc, Nicolas Daubanes, Jean Olivier Hucleux, Éric Manigaud, Célia Muller, Daphné Nan Le Sergent, Pascal Navarro et Jérémie Setton.
*Ce projet est labellisé Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s'inscrit dans la programmation officielle du Bicentenaire du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027.
Alors qu’en 1826 Nicéphore Niépce invente la prise de vue photographique, son contemporain Henry Fox Talbot pense également avoir découvert, avec la photographie, un « crayon loyal », capable de saisir naturellement l’écriture des ombres et des lumières. Il nomme également « dessins photogéniques » les photogrammes, impressions sensibles obtenues par contact direct, prémices de la photographie comme processus de fixation et d’occultation momentanée de la lumière. Si aujourd’hui la photographie est reconnue comme l’un des grands médiums artistiques, cette exposition collective entend montrer les dialogues étroits quelle entretient avec le dessin contemporain, sous toutes ses formes, et comment celui-ci se développe et se réinvente singulièrement à l’ombre de cette invention bicentenaire. À l’ère où la photographie et la post-photographie sont à l’origine de la majorité des images, certains dessinateurs entretiennent avec ces images-sources une proximité troublante, jusqu’à la réplique ou la traduction la plus fidèle. Ils élaborent ainsi des dessins d’une incroyable photogénie, suscitant le doute quant à leur nature graphique ou photographique. Mais pourquoi « perdre » autant de temps à redessiner un instantané ? Le transfert de l’image photographique en dessin relève avant tout d’un processus de mise au jour : le document devient une véritable surface d’exploration à scruter, à fouiller en profondeur, à « transmuter », selon Jean Olivier Hucleux. Si le dessinateur tend à s’effacer dans l’opération de restitution de l’image, il révèle et intensifie les indices du photographique — détails, grain, texture, surface, matérialité, fragilité — tout en chargeant l’image d’une nouvelle durée et tactilité. À travers une œuvre historique de Jean Olivier Hucleux et d’autres œuvres plus récentes (Daphné Nan Le Sergent, Mireille Blanc, Éric Manigaud, Célia Muller), l’exposition entend rendre sensible ce « devenir graphité de l’image », pour reprendre l’expression de Jean-Christophe Bailly à propos du passage au dessin.
L’image photographique peut également s’éclipser à travers divers processus de transposition graphique : floutage (Léa Belooussovitch), transcription « à l’aveugle », superposition, association ou confrontation (Fabienne Ballandras). Ces déplacements visuels suscitent de nouvelles mises au point et distances focales, des brouillages perceptifs —jusqu’à l’illisibilité ou l’abstraction— et ouvrent des points de vue critiques à partir d’images photographiques notamment médiatiques — « photochoc », issues du photo-reportage, mais aussi des légendes des photographies. Le dessin leur confère ainsi de nouvelles matérialités, visibilités et temporalités. Par ailleurs, en présentant des dispositifs photo-graphiques complexes (les photogrammes incandescents de Nicolas Daubanes, une installation interactive de Jérémie Setton au sein de laquelle le spectateur révèle doublement l’image ou encore les œuvres photosensibles de Pascal Navarro qui apparaissent progressivement), l’exposition explore par le dessin les principes fondateurs de la photographie : image latente, révélation, fixation, reproductibilité, réversibilité négatif/positif, photosensibilisation, empreinte. À travers ces œuvres expérimentales, le dessin devient alors luimême photographique. Pièce historique, œuvres emblématiques et expérimentales, productions inédites et installations réactivées pour le Drawing Lab composeront ainsi un parcours d’œuvres qui se font écho, à travers trois axes — « Devenir graphité », « Mises au point » et « Image latente ». Dans l’exposition Éclipse, le dessin se dévoile ainsi à l’épreuve de la photographie.
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