en 
 
 
cinema

 
 

Mystère à Silent Pool – Agatha Christie a disparu (jusqu'au 23 août)

le  14/06/2026   au théâtre Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris (du mercredi au samedi à 21h et dimanche à 18h)

Mise en scène de David Legras et Axel Stein-Kurdzielewicz avec la compagnie Les Ballons Rouges écrit par Carla Girod, Drys Penthier et Axel Stein-Kurdzielewicz




50 ans après son décès, Agatha Christie continue d’attirer le grand public, et notamment les spectateurs de théâtre. Dernière déclinaison de la marque, puisque l’on apprend que « Agatha Christie » est un nom déposé, la pièce montée au Lucernaire sous le titre de « Mystère à Silent Pool ». Inutile cependant de la chercher dans la liste des 66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre écrites par la prolifique autrice de policiers, vous ne la trouverez pas.
Les quatre autrices et auteurs du texte ont en effet décidé d’écrire un texte original et de mettre au centre de la pièce l’autrice elle-même, Dame Agatha Christie. Tout commence dans un commissariat : le superintendant Kenward y apprend que la célébrissime autrice a disparu. On a retrouvé sa voiture accidentée près de l’étang de Silent Pool. Mais aucune trace d’Agatha Christie. L’enquête commence donc, réunissant ledit Kenward et la jeune et futée inspectrice Hastings.
Kenward a de la bouteille et il tient à le montrer à cette jeune fille qu’il entreprend de chaperonner, en bon macho qu’il est. Mais là où Kenward se targue d’avoir de l’expérience, Hastings a l’esprit affuté, et, en fervente admiratrice des romans de Christie, un sacré sens de l’observation. Alors, que s’est-il passé pour que dame Christie disparaisse à l’issue d’une violente dispute avec son mari qui souhaite divorcer ? Meurtre ? Accident ? Enlèvement ? Toutes les pistes sont envisagées.
Pas facile de mettre ses pas sur ceux de l’autrice du « Crime de l’Orient Express ». Alors, les autrices et auteurs se sont mis en quatre et à quatre. Ils ont puisé dans un épisode réel de la vie de l’autrice : Agatha Christie a en effet disparu du 4 au 15 décembre 1926. À son retour, elle prétextera une amnésie complète. Ces faits sont repris intégralement dans « Mystère à Silent Pool » mais le déroulé est tout autre, et sans rien révéler de l’action, disons au futur spectateur que le défilé des suspects comprend Archibald Christie, le mari de l’autrice, la gouvernante, Nan Gardner, son amie la plus proche et son éditeur.
Après la résolution de l’énigme, les auteurs ont prévu une fin très ancrée dans la défense du droit des femmes, et on ne peut que les en féliciter car c’est fait avec finesse. On n’en dira pas autant de la dramaturgie : que tout cela est alambiqué et compliqué ! Peut-être faut-il voir là l’effet de la relative fraicheur du spectacle (nous y étions le jour de la 5 ème représentation). Le jeu des comédiens est en effet peu convaincant et le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’ont pas trouvé leurs marques ni leurs personnages. En revanche, le dispositif scénographique fonctionne parfaitement : deux armoires sur roulettes et revêtues d’une toile amovible de part et d’autre ferment et réouvrent les scènes, offrant une compréhension fort claire du décor ainsi posé.
La salle était pleine et très mélangée en ce dimanche après-midi, mais lors de l’action comme lors des applaudissements, on sent que cette troupe courageuse a encore du travail devant elle pour offrir à son public un spectacle à la hauteur de ses ambitions.

Eric Dotter



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique