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- BD : L'île des riches de Pierre Christin, Titwane et Stella Lory aux éditions Dargaud
le 12/06/2026
Sauf que même les ultra-riches ne sont pas à l'abri des convulsions de mère Nature, et un ouragan est annoncé
Dans cette île paradisiaque du Pacifique, tout n'est que luxe, calme et volupté. Les habitants appartiennent à la catégorie des "ultra-riches". Ils vivent dans des demeures rares et luxueuses, de somptueuses villas construites par les meilleurs architectes, entre palais vénitien, maison art déco, riad marocain et palais d'été chinois. L'énergie leur est fournie par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire et des éoliennes offshore, tandis que des cargos livrent les denrées nécessaires à la vie quotidienne. C'est ici qu'un certain Sinclair a été envoyé par son richissime employeur pour négocier l'acquisition d'une ville auprès de Herr Zwingli, le propriétaire de l'île. La mission devait donc se résumer à une visite des lieux, et quelques conversations avec les (plus ou moins sympathiques) îliens. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si un tsunami, lancé à la vitesse de 800km/h, ne menaçait pas de tout engloutir...
Les tsunamis ont un vilain défaut : ils ne respectent rien. Ni la richesse, ni les oeuvres d'art vendues à des prix délirants, ni les maisons somptueuses abritant quelques privilégiés se croyant à l'abri des malheurs du monde... L'île des riches est l'ultime scénario écrit par Pierre Christin. On y retrouve son goût pour la satire sociale, teintée d'un humour aussi grinçant que réjouissant, et cette capacité à saisir au plus juste la psychologie de ses personnages. Comme toujours avec Christin, le scénario remet l'être humain à sa juste place, celle d'un fêtu de paille ballotté par les vents contraires de l'Histoire ou par les tornades - nullement métaphoriques celles-là - que la nature nous envoie pour nous rappeler la fragilité de notre condition. Retravaillé par Stella Lory, qui fut l'assistante de Pierre Christin, le scénario est dessiné de main de maître par Titwane dans un style naviguant entre réalisme et légèreté. Et les amateurs de Valérian pourront s'amuser à repérer un lointain cousin de Point Central...
-Les auteur.e.s : *Pierre Christin est né en 1938 dans la banlieue parisienne. Enfant, il est passionné par les numéros de ‘Détective' et les couvertures illustrées de ‘Radar'. Après avoir modestement commencé ses études dans un cours complémentaire, il étudie à la Sorbonne puis à Sciences po Paris. Dans les années 1960, entre ses activités de pianiste de jazz et ses premiers travaux de journalisme, de traduction et d'écriture, il part à la découverte de l'Ouest américain. Là-bas, il s'enthousiasme aussi bien pour la vie dans les ranchs et les autoroutes urbaines que pour la science-fiction, le polar et la musique noire, qui est alors à son apogée. En 1967, il signe, avec Jean-Claude Mézières, la première aventure de Valérian, sans imaginer un instant la longévité future de son héros. Traduite en une vingtaine de langues, Valérian fut rapidement considérée comme une série d'avant-garde et a inspiré de nombreux auteurs et des réalisateurs dont Georges Lucas et, bien entendu, Luc Besson qui a réalisé une adaptation au cinéma en juillet 2017 : "Valérian et la Cité des mille planètes". En 1968, il est nommé à l'université de Bordeaux où il crée l'IUT de journalisme, dont il a toujours été l'un des animateurs. Dans les années 1970-1980, à ‘Pilote', il écrit pour Jacques Tardi, François Boucq, Jean Vern et bien d'autres – une soixantaine d'albums dans lesquels il s'essaie à tous les genres. Il réserve cependant son versant optimiste – voire utopiste – à son vieil ami Mézières dont il apprécie la clarté narrative et l'humour réjouissant. Les sujets plus graves, nourris par des enquêtes dans ce qui est encore à l'époque le bloc communiste, il les traite avec Enki Bilal, dans des albums devenus de grands classiques de la bande dessinée politique, comme "Les Phalanges de l'ordre Noir" (Dargaud, 1979) ou "Partie de chasse" (Dargaud, 1983). Avec Annie Goetzinger, il exprime une tout autre sensibilité dans des portraits de femmes, des intrigues intimistes, à l'image de "La Demoiselle de la Légion d'honneur" (Dargaud, 1980) ou de "Paquebot" (Dargaud, 1999). Grand voyageur, il fait un premier tour du globe par l'hémisphère Nord en 1992. Un périple qu'il raconte dans "L'Homme qui fait le tour du Monde" (Dargaud, 1994), mis en images par Max Cabanes et Philippe Aymond. Il renouvelle l'expérience en 1999, en passant cette fois par l'hémisphère Sud. Mais, souvent, ses balades ne le conduisent pas plus loin que Paris : tour de la ville en suivant les rails abandonnés de la petite ceinture ("La Voyageuse de petite ceinture" [Dargaud, 1985], avec Annie Goetzinger), ou de la petite couronne, en vélo ("La Bonne Vie" [tome 5 des "Correspondances", Dargaud, 1999], avec Max Cabanes). Sans jamais oublier la bande dessinée, Christin s'essaie à d'autres formes d'écriture. Dans ses romans, il évoque aussi bien l'aventure citadine ("ZAC" et "Rendez-vous en ville") que les plongées au fond du terroir français ("L'Or du zinc. Avec la collection "Les Correspondances de Pierre Christin" (Dargaud, 1997-2002), il explore d'autres rapports entre texte et dessin. Pour ces albums, il travaille, entre autres, avec Patrick Lesueur, Jacques Ferrandez, Jean-Claude Denis, Alexis Lemoine et Enki Bilal. Une intégrale paraît en 2009 (Dargaud). En 2006, il signe avec le talentueux André Juillard le premier volume de la saga "Léna" (Dargaud) dont le troisième tome sort 2020. En 2019, sort le deuxième tome du hors-série "L'Avenir est avancé", dans lequel Mézières et Christin revisitent en compagnie de Valérian et Laureline certains épisodes mythiques de la plus célèbre des séries de SF française. La boucle est bouclée, Mézières et son complice de toujours sont en route pour de nouvelles aventures... Plus récemment il publie une biographie d'Orwell (Dargaud, 2019) en compagnie de Sébastien Verdier et avec la participation d'auteurs de renom tels que André Juillard, Manu Larcenet, Olivier Balez, Blutch, Juanjo Guarnido et Enki Bilal. Il remporte le prix Goscinny 2019 décerné par le festival international de la bande dessinée d'Angoulême pour son album autobiographique "Est/Ouest" (Dupuis, 2018) mis en images par Philippe Aymond, ainsi que pour l'ensemble de son oeuvre. En 2022 il replonge dans l'aventure Valérian en écrivant lui-même un album de "Valérian « vu par »", dessiné par Virginie Augustin, autour d'une réflexion pleine d'humour sur la création... Considérant que pour vivre heureux, il faut vivre beaucoup, mais caché, il aurait aimé avoir cent vies, dans cent villes et presque autant d'identités...
*Titwane, de son vrai nom Pierre-Antoine Thierry, est illustrateur et carnettiste. Il est l'auteur, avec Raynal Pellicer, de la bande dessinée "Photographes de guerre, Hans Namuth et Georg Reisner, 1936-1940 " (2023) aux éditions Albin Michel, qui est lauréat du prix Relay de la BD 2023. Il est également l'auteur, toujours avec Raynal Pellicer, des livres " Le Charles de Gaulle, immersion à bord du porte-avions nucléaire" (2020), " Brigade des mineurs, immersion au cœur de la brigade de protection des mineurs" (2017 - 24e Prix France Info 2018 de la BD de d'actualité et de reportage), "Brigade criminelle, immersion au cœur du 36 quai des orfèvres" (2015) et "Enquêtes Générales, immersion au cœur de la brigade de répression du banditisme" (2013) aux Éditions de la Martinière. Il a collaboré à 3 numéros de La Revue Dessinée ainsi qu'à la Revue XXI (BD de 28 pages). Outre de nombreuses illustrations dans le domaine de la communication, notamment culturelle, il a réalisé les illustrations des ouvrages "Au secours, mes petits-enfants débarquent" (4 tomes de 2015 à 2017), "Histoires d'arbres remarquables" (2014), «Quand la nature inspire la science» (2012, réédité en 2016), "Toulouse, la nature au coin de ma rue" (2013), «Pistes» (2013), «Graines» (2020), «Arbres» (2022), «Eaux» (2023) aux éditions Plume de carotte,
*Née en 1988, Stella Lory est une autrice franco-égyptienne. Après des études en psychologie, puis en sociologie, elle réalise que ce qui lui plaît c'est étudier et dessiner. Elle poursuit donc vers une licence d'art plastique à Paris I Sorbonne, et s'abreuve des oeuvres de Claire Bretécher, Riad Sattouf, Marion Montaigne ou encore Catherine Meurisse. Elle dessine un premier album en 2019 chez Warum sur les coulisses du monde de la mode ("Les Rois de la mode"). Puis elle officie dans le magazine 'Fluide Glacial', où est édité son deuxième album dans la collection « L'Institut Fluide Glacial », recueils monographique dédiés aux nouveaux talents de l'humour moderne. Mais si son créneau est la BD d'humour, elle est aussi très influencée par ses études en science humaines : l'anodin et le quotidien sont pour elle un champ d'observation clinique inépuisable. Avec Tilila Relmani, sa co-autrice sur "L'Éloge de la surface" (Dargaud, 2023), elle partage un lien du sang et une passion pour la télé-réalité.
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