en 
 
 
cinema

 
 

Juste une illusion

Sortie  le  15/04/2026  

De Olivier Nakache et Eric Toledano avec Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin, Simon Boublil, Alexis Rosenstiehl et Jeanne Lamartine


Nous sommes en 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et qu’il n’est « pas encore » un adulte nous allons partager ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.Une comédie sur cette période de l’enfance où l’espoir de changer le monde n’était pas “Juste une illusion…”

Ca commence fort en musique, avec Just an illusion du groupe Imagination, et ça finit en apothéose avec All right de Christopher Cross, en passant par des chansons de The Alan Parsons Project, Simply Red, The Cure, The Pointer Sisters, Ten CC, Andrew Gold (le titre « Geneviève »), Téléphone (en concert live place de la Concorde en juin 1985 lors de la soirée Touche pas à mon pote, à l’initiative de SOS Racisme) et même la musique du film Dernier domicile connu, composé par François de Roubaix. Quelle BO autant rock que pop et funk : une vraie compilation des années 80, de quoi en faire une belle K7 audio en perspective comme l’un des protagonistes du film d’ailleurs ! Ca se sent et ça se voit à l’écran, les 2 réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano se sont fait un très grand plaisir à la fois musicalement et visuellement, racontant, à la vue « intime » du générique de fin, quelques anecdotes humoristiques et croustillantes issues de leur propre enfance à chacun d’eux.
Tout y passe avec un sens « inné » de la situation, de l’à propos, des dialogues et de la comédie puisque les 2 metteurs en scène excellent dans l’art de dépeindre de véritables moments de vie et des personnages vrais, aussi pittoresques que hauts en couleur, comme ils nous les ont déjà représentés dans leurs précédents longs métrages. Ici, tout le monde est juste, les adultes comme les enfants et beaucoup d’entre nous, qui ont vécu cette époque au même âge que les jeunes présents à l’image, se souviendront sûrement et se reconnaîtront peut-être à travers certaines similitudes scéniques rencontrées dans le film (ah, la première VHS de cul, les premiers émois ou du moins la première conquête amoureuse, le premier vol - et pas celui aérien ! -, les premières questions existentielles !). Nostalgie, quand tu nous prends ! Redécouvrir les années 80 à travers les yeux d’un enfant de 13 ans, qui s’ouvre à la vie au sein d’une cellule familiale bigarrée et désemparée, a réellement quelque chose de vécu mais aussi de tendre, d’émouvant, de pudique, de profond, d’humain, bref, d’universel.
Outre le casting sélectionné aux petits oignons et à la formidable prestation de chacun.e - Louis Garrel en père paumé et perplexe, au chômage et en recherche d’un emploi ; Camille Cottin en mère énergique et angoissée qui a le rôle de décisionnaire au sein du noyau familial ; Pierre Lottin en gardien d’immeuble débonnaire, brut de décoffrage et truculent ; Simon Boublil en collégien « tranquille » et spontané – une révélation ! - ; et Alexis Rosenstiehl (vu dernièrement dans Ceux qui comptent) en grand frère sincère, espiègle et pourtant « son modèle, son guide, son héros ». Les uns comme les autres, ils nous touchent, attendrissants au possible et excellents dans leur emploi respectif qui leur va comme un gant. A croire que le duo très inspiré, formé par Olivier Nakache et Eric Toledano, a trouvé des acteurs similaires à eux au même âge, sorte de clones de leur propre jeunesse !
On en redemande tellement on aime ce style de « feel good movie » teinté vintage version française, à la tonalité naturelle, brillante, subtile et trépidante, le tout à la sauce sociale particulièrement nuancée autour de thématiques dénuées de tout activisme, qui depuis 20 ans enchante avec succès (bien mérité !) le public hexagonal (et pas que !). Encore bravo, le tandem, et longue continuation à vos prochains scénarios que l’on espère aussi chaleureux, passionnés et « colorés » que celui-ci…

C.LB



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique