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Good luck, have fun, don’t die

Sortie  le  15/04/2026  

De Gore Verbinsky avec Sam Rockwell, Juno Temple, Haley Lu Richardson, Michael Pena, Zazie Beetz, Asim Chaudhry et Dino Fetscher


Un soir, dans un resto minable de Los Angeles, un homme étrange et débraillé débarque avec un détonateur à la main et affirme venir du futur. Ce serait la 117ème fois qu’il remonte le temps pour empêcher l’apocalypse déclenchée par une IA et sauver une humanité lobotomisée par les écrans. Son ultime stratégie : recruter les clients du restaurant pour former une équipe capable de sauver le Monde. Si ce groupe aussi improbable que mal préparé y parvient, alors l’Humanité a peut-être encore une chance… Ou peut-être pas. Qui sait ?

La sortie prochaine d’un film de Gore Verbinsky, c’est toujours une attente impatiente voire « fébrile », du moins, une surprise assurément débordante d’imagination, d’autant plus que ce réalisateur, scénariste et producteur américain nous a (presque) toujours habitué à nous proposer des longs métrages qui sortent un peu de l’ordinaire, aussi détonants qu’étonnants (et en général, plutôt en bien !). Souvenez-vous de Le mexicain, de Le cercle – the ring, des 3 premiers volets de Pirates des Caraïbes, de Rango, de A cure for life, et de Lone Ranger – naissance d’un héros (même si ce dernier, considéré comme un échec, n’a pas été complètement à la hauteur de nos attentes) ! Qu’importe, l’homme mérite toute notre attention car, outre le fait de mettre en scène de temps à autre des sujets à thèse plutôt iconoclastes limite zarbis, il délivre pas mal de messages sérieux dit sombres sur un ton particulièrement léger.
Prenez ce dernier exemple qui semble vouloir fustiger notamment un « fléau » dangereux, l’IA, ce « mal » qui va nous ronger à la fois la vue et les neurones à petits feux, au travers des fameux écrans tels que ceux de nos téléphones portables comme de nos ordinateurs. Autour d’un script qui oscille entre la comédie loufoque, le film d’action mâtiné d’horreur bon teint façon zombie, et la production de science-fiction délirante, cette histoire de « combattre le futur et sauver l’humanité » a des airs de pamphlet mordant (déguisé en caricature plus ou moins outrée) contre une société qui ne jure – et vit – que pour l’intelligence artificielle, une autre réalité (vraiment sûr ?) de notre existence en quelque sorte. Et ici, tout est bon pour parodier allègrement et « critiquer » ouvertement, certes ironiquement mais néanmoins astucieusement, les travers, débordements et autres conséquences que certaines des nouvelles technologies actuelles mises au point, afin de nous « faciliter, aider et hypnotiser » les uns et les autres, peuvent engendrer (à ne surtout pas rater l’épisode « fantasmé » de la classe d’un lycée américain, à mourir de rire !).
Et pour faire corps (et esprit) avec ce monde incontrôlable – le nôtre dans un avenir angoissant – qui part en vrille version 2.0, quoi de plus naturel que de choisir dans le rôle principal Sam Rockwell, l’un des acteurs U.S. les plus géniaux et allumés que l’on connaisse ! Exemples : Confessions d’un homme dangereux, H2G2 – le guide du voyageur galactique, Sept psychopathes, Three billboards – les panneaux de la vengeance, ou bien encore Jojo Rabbit pour ne citer que quelques-uns de ses drôles de « forfaits » ! Mais l’homme a de la ressource et le prouve aisément encore une fois en détraqué révolté un peu zinzin qui arrive du futur grâce à une faille temporelle (le docteur Emmett Brown de Retour vers le futur, joué par Christopher Lloyd, n’est pas loin !). Le reste du casting n’est pas en reste, chacun(e) ayant son « ¼ d’heure de gloire » dans des prestations tout aussi barrées (citons entre autres Juno Temple, Michael Pena et Haley Lu Richardson).
Bref, une nouvelle réflexion d’anticipation satirique, aussi ambitieuse qu’inventive, autour de « manipulations mentales » virtuelles et décomplexées, revue et corrigée à la sauce chaotique, orchestrée de main de maître par un Gore Verbinsky bien « perchée », plus subversif et « destroy » que jamais qui devrait à nouveau retrouver la reconnaissance qui lui est du !

C.LB



 
 
 
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