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Christy
Sortie
le 04/03/2026
De David Michôd avec Sydney Sweeney, Ben Foster, Merritt Wever et Katy O’Brian, Ethan Embry, Jess Gabor et Chad L. Coleman
Inspiré d'une histoire vraie, Christy retrace l'ascension tumultueuse de la boxeuse Christy Martin qui est passée de l'anonymat à la célébrité. La légendaire ténacité de Christy sur le ring cache en réalité des combats plus intimes avec sa famille, son identité et une relation toxique qui pourrait bien se transformer en une question de vie ou de mort.
A première vue, on pourrait croire à juste titre que c’est un « Raging bull » version féminine ou, plutôt, un « Million dollar baby » à la sauce biopic. Il y a (forcément) un peu des deux, à la fois dans la vie plus ou moins « cabossée » de cette jeune femme pugnace qui veut s’émanciper, que dans les combats ici filmés au plus près mais cette fois en couleurs. Malheureusement pour nous, l’actrice américaine pourtant jolie, performante et sincère, Sydney Sweeney (Once upon a time…in Hollywood ; Americana ; Tout sauf toi ; Immaculée ; La femme de ménage), n’est pas Hilary Swank et n’est pas non plus à son avantage, d’autant plus qu’elle s’est particulièrement « enlaidie » pour les besoins de ce rôle à contre-emploi (donc, de composition), une combattante taiseuse et endurcie, sans fard ni coquetterie, mais avec une sacrée personnalité – et un sacré droit ! -, doublée d’une goudou ou, si vous préférez, d’une « sale lesbienne » (de par une homosexualité réprimée par une mère conservatrice). Et c’est partie pour les éternelles scènes d’entrainements (entre l’entraineur, le manageur, le soigneur et la salle), d’affrontements sur le ring (elle les gagne tous par KO sans que ses victoires soient chèrement payées, ça devient lassant à force !), les conflits « internes » dit aussi intérieurs (« Je crois que j’ai trouvé ma voie ! ») et conjugaux (un mari certes coach mais qui se repose sur sa femme – la poule aux œufs d’or - pour rapporter du pognon à la maison). Ce dernier est parfaitement joué par Ben Foster (3h10 pour Yuma ; Les amants du Texas ; The finest hours ; Inferno ; Rock’n’roll) qui, pour l’occasion, s’est fait une « tronche » à la Michel Blanc dans les Bronzés 3, style plouc de province médiocre, nonchalant, glaçant, insidieux, dominateur, toxique et violent en tenue de survêtement toute la journée, qui fait constamment culpabiliser son épouse le cul visé sur sa chaise. Basé sur des faits réels, ce film retrace entre 1989 et 2010 le parcours mouvementé (gloire, chute et rédemption) de cette « fille du mineur » qui est devenue La meilleure – et la première au monde à avoir donné de la visibilité médiatique à ce sport, une pionnière historique en quelque sorte ! - boxeuse américaine professionnelle. Dommage que les passages où elle affronte de nombreuses adversaires de gabarits très différents, lors de ses multiples rencontres, soient si peu percutants, impressionnants voire « bâclés », comme si le réalisateur australien David Michôd (Animal kingdom ; The rover ; War machine ; Le roi) était garé en double file lors de son montage fonctionnel et pas révolutionnaire pour 2 sous. Dommage également qu’il n’y ait pas eu plus de séquences avec le « sosie » de Don King, le célèbre promoteur de boxe professionnelle américain (interprété par Chad L. Coleman, vu dans The green hornet et Comment tuer son boss ?, sous-exploité). Bref, un classique limite banal(isé) de 2h15 (beaucoup trop long et trop sage) avec un happy end à l’américaine (Christy va bien évidemment, en tant que victime courageuse, reprendre le contrôle de sa vie mais sans pour cela véritablement lutter !) – plus une BO branchée de façon sporadique (Tears for Fears ; Inxs) - ne suffisent pas à nous galvaniser plus que cela malgré la meilleure volonté du monde (manque de rythme, de surprise et de tension), même si cette pugiliste « a un truc » (que l’on ne voit même pas à l’écran !), même si elle a du courage à revendre (un désir inébranlable de gagner), même si elle a « la niaque » (quelle détermination sans faille !) et même si « la boxe féminine a un avenir »…heureusement plus dans la vraie vie que montrer ainsi au cinéma et surtout de cette manière quelque peu lourdingue !
C.LB
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