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Woman and child

Sortie  le  25/02/2026  

De Saeed Roustaee avec Parinaz Izadyar, Sinan Mohebi, Payman Maadi, Soha Niasti, Maziar Sadre Orafaee et Hassan Pourshirazi


Mahnaz, une infirmière de 45 ans, élève seule ses enfants. Alors qu’elle s’apprête à épouser son petit ami Hamid, son fils Aliyar est renvoyé de l’école. Lorsqu’un un accident tragique vient tout bouleverser, Mahnaz se lance dans une quête de justice pour obtenir réparation...

Le réalisateur et scénariste iranien Saeed Roustaee a beau avoir été ovationné et récompensé d’un certain nombre de prix glanés un peu partout dans le monde avec seulement 3 films à son actif (Life and a day ; La loi de Téhéran, Leila et ses frères), il n’en est pas moins l’un de ceux qui nous permettent de nous tenir informé et d’en savoir un peu plus sur la situation politique ainsi que sur l’évolution « sociale » d’un pays qui aujourd’hui est en pleine actualité. A bien y regarder d’un peu plus près cette fois, on n’a pas vraiment l’impression que le peuple en pâtisse vraiment, du moins, s’en accommode-t-il plutôt bien comme ça doit être le cas depuis plusieurs générations. On découvre ici une « famille » qui ne semble pas être trop à plaindre – belle appartement dans un immeuble récent de plusieurs étages (avec ascenseur svp !) ; boulot respectable ; conditions de vie disons assez confortables -, même si l’adversité vient y mettre son petit grain de sable.
C’est bien beau d’avoir 2 enfants – l’un agité et turbulent qui n’en fait qu’â sa tête, l’autre réfléchie et sage comme une image -, une sœur fort jolie qui attire les regards et une mère bienveillante qui vivent ensemble sous le même toit, encore faut-il penser à soi – elle a un petit ami ambulancier (à croire qu’il n’y a qu’une seule ambulance qui circule dans tout Téhéran !) - et ce n’est pas si facile voire évident que cela tous les jours dans une telle ambiance familiale et dans un pareil système iranien ! Alors quand le malheur surgit dans leur petite vie bien réglée et s’abat sur elles sans crier gare, c’est à l’une ou l’autre des 4 (grand-mère, mère, sœur et fille) de tenter d’unir les liens qui les unissent, et d’essayer de gérer au mieux la situation et dans l’intérêt de toutes. Porter le deuil, c’est une chose, mais faire changer les mentalités et les institutions en est une autre !
Et c’est là que réside tout l’attrait de ce 4ème long métrage de Saeed Roustaee – un mélodrame teinté de thriller émotionnel - qui ausculte encore une fois, avec des dialogues constamment fournis, des cadrages très soignés et une mise en scène particulièrement rythmée, une société patriarcale pas loin d’être figée dans le temps (ancien), comme si rien n’avait réellement bougé depuis toutes ces années. Le personnage principale, incarné par Parinaz Izadyar (déjà présente dans 2 des précédents films du cinéaste), est une mère « humaine » (dans tous les sens du terme) qui se bat, certes éplorée dans une peine immense bien compréhensible mais en quête de justice afin d’obtenir réparation, prête à tout pour affronter les contraintes, manigances et autres manipulations de l’établissement en place avec les (peu de) moyens du bord.
Son portrait de femme en souffrance et déterminée qui en veut à tout le monde prêtera sans doute à sourire – que d’accumulation de scènes de larmes versées à la moindre évocation du chagrin qui l’accable, le tout sur fond d’incroyables péripéties à répétition et de travellings appuyés montrant des regards profonds qui se veulent d’une grande intensité ! – mais n’empêche que « la loi de talion » semble être encore et toujours en vigueur là-bas, à en juger par certaines réactions ! Qu’importe, cette traversée de l’enfer en mode reconstruction est tournée avec beaucoup de maîtrise et une grande efficacité, lorgnant vers une forme de féminisme qui prouve bien que les mentalités changent, à en juger par ce qu’il se passe dans les rues en Iran en ce moment.

C.LB



 
 
 
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