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Juliette, Victor Hugo mon fol amour

le  26/01/2026   au théâtre des Mathurins, 36 rue des Mathurins 75008 Paris (tous les lundis à 19h)

Mise en scène de Patrick Tudoret et Marie Lussignol avec Marie Lussignol ou Marguerite Kloeckner écrit par Patrick Tudoret




C’est l’histoire de Juliette, pas celle de Shakespeare mais la Drouet, avec son Roméo sous le drôle de sobriquet de « Mon Victor » ou bien de « Son Toto ». Ce dernier n’est autre que Victor Hugo, en l’occurrence son amant mais aussi l’illustre poète et écrivain que l’on connaît tous. D’où ici le parcours d’abord de piètre comédienne puis ensuite « monacale et cloîtré » le reste de sa vie de cette jeune femme qui fut la maîtresse de Hugo pendant 40 ans, rien que cela !
Aujourd’hui, devant nous, elle a décidé d’énumérer tout ce qu’elle a sur le cœur et dans la tête. Elle s’adresse à son portrait en le traitant de lâche (« c’est indigne de lui »), jusqu’à le maudire pour tout le mal qu’il lui a fait (« est-ce que je l’aime ou est-ce que je le hais ? » ; « je t’aime ou je te déteste ? » ; « qu’il aille au diable ! »), une façon comme une autre de lui rendre la monnaie de sa pièce après avoir vécu, victime consentante, dans l’ombre du grand homme.
Il n’y a rien que l’on ne sache déjà de l’existence de « son Victor ». L’éclairage cette fois se porte essentiellement sur elle, autour d’épisodes biographiques et autres moments particuliers racontés par la comédienne Marie Lussignol qui égrène sa vie au gré de son humeur pendant plus d’une heure. Seule sur scène, cette dernière joue les ingénues avec frivolité avant de se rendre compte qu’elle va l’aimer « d’un amour fou, absolu, certes douloureux mais sublime ». Autour de références à Lucrèce Borgia, à Adèle (H), à Jersey, aux Misérables et à Léopoldine Hugo, on découvre qu’elle a été sa confidente et qu’elle l’a suivi partout, « cultivant l’exil comme un potager ».
Difficile de prendre possession de l’espace restreint de la salle, située au moins deux du théâtre des Mathurins, qui doit utiliser quelques subterfuges – changements d’éclairages, d’extraits musicaux classiques (Chopin, Schubert, Schumann…) et de ton – pour narrer quelques anecdotes intimes, notamment celle de leur rencontre comme de leur première nuit passée ensemble ! On aurait pu s’attendre à un peu plus d’imagination dans la mise en scène un tant soit peu austère que ces quelques « mobiliers » posés ici et là, alors que se tient actuellement une exposition intitulée « Hugo décorateur » - hasard de l’actualité – au musée Victor Hugo situé place des Vosges à Paris. Le « bougre » avait du goût et de l’originalité en son temps, ce qui ne saute pas vraiment aux yeux lors de cette représentation !
Qu’importe, on se contentera d’une assez bonne performance de Marie Lussignol qui, faute d’une approche disons intense et franchement nuancée, arrive à donner vie à cette femme dévote profondément émouvante et sincère dont la destinée fut quelque peu effacée par celle d’un des plus grands auteurs de la littérature française voire universelle à « la mélancolie d’homme blessé ».

C.LB



 
 
 
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