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Les travailleurs de la mer

le  20/01/2026   au théâtre de Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse 75006 Paris (du mardi au samedi à 19h et dimanche à 15h

Mise en scène de Clémentine Niewdanski et Elya Birman avec Elya Birman écrit par Victor Hugo




Un amas d’escabeaux et de planches encombre la partie cour du plateau, quelques lumières, un ventilateur. Ce sera le bateau. Partie gauche du plateau, un homme, un pêcheur, rustre tout autant que sensible. On le moque parce qu’il est différent : « que voulez-vous que le pays devienne avec un homme comme cela », murmure-t-on. Il s’appelle Gilliatt. A 30 ans, il en parait 45. Nous sommes à Guernesey, petit ile anglo-normande, domicile du pêcheur mais aussi refuge de Victor Hugo, l’auteur de ces « travailleurs de la mer », pavé de 700 pages dont Elya Birman et Clémentine Niewdanski proposent ici une adaptation théâtrale en une heure.
Gilliatt, en dehors de la mer, nourrit une passion secrète pour Déruchette, la fille d’un armateur, propriétaire de la Durande, un vapeur qui vient de s’échouer au large de Guernesey. Le navire est détruit mais pas sa précieuse et irremplaçable chaudière. Alors, comme un défi, la jeune Déruchette offre le mariage à quiconque sauvera des flots ce qui reste du navire. C’en est trop pour Gilliatt. Fort de cette promesse qu’il tient pour acquise, il va se lancer dans plusieurs mois d’un labeur inhumain, sous les intempéries et au péril de sa vie.
Arrivera-t-il à ses fins ? Rapportera-t-il sa précieuse cargaison ? Remportera-t-il la main de Déruchette ? On ne dévoilera pas ici la conclusion de ce récit lyrique dont le style flatte l’oreille tout autant qu’il empèse parfois les phrases. Avec son corps, dur à la tâche, avec les mots de Hugo, Elya Birman nous propose un Gilliatt impeccable. On est avec lui, on souffre avec lui. Le comédien et Clémentine Neiwdanski, la coadaptatrice et metteuse en scène, proposent ici un récit classique, respectueux de la magnifique langue de l’auteur des Misérables. Et le public du Poche Montparnasse, adepte de la littérature des siècles passés, y trouve son compte et exprime -avec raison- sa jubilation devant cette adaptation.
Le critique qui signe ces lignes a lui aussi apprécié la performance mais il doit reconnaitre, avec regret, avoir été peu sensible à ce qui se passe sur le plateau du théâtre de Poche.

Eric Dotter



 
 
 
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